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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 18:48
«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

المهرجان الوطني للموسيقى الأندلسية الصنعة

Festival national de la musique sanaâ, 2015.

Lu n d i 7 déc e m b r e

Conférence:

A 17h30 à la salle Franz Fanon, Ryad El Feth, Alger.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»

(El Kamendja Erroumy)

Par M. Hafid Mouats*, موات حفيظ

Musicien et musicologue autodidacte de Skikda/Algérie.

*Professeur de solfège, de violon, de chant polyphonique et de musique andalouse, Hafid Mouats œuvre à la préservation et à la propagation du patrimoine musical andalou depuis plus de quarante-cinq ans. Il est membre fondateur de plusieurs associations musicales et s’est régulièrement distingué avec ses élèves dans les manifestations culturelles, tant régionales que nationales. Très investi dans sa ville de Skikda, il y est un important acteur du développement culturel et a notamment contribué à l’écriture d’une biographie des musiciens de sa région à l’époque coloniale. Il anime deux blogs musicaux de référence et a été honoré et primé plusieurs fois par les instances culturelles et autorités de sa ville pour sa contribution à la formation et à l’éveil culturel. Depuis 2011, il a rejoint comme luthiste le groupe de musique Ibnou Sina d’Alger, dirigé par le Dr Mohamed Saadaoui."

Le commissariat du festival sanaâ 2015.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Le rabeb maghrébin et ses dérivés
Le rabeb maghrébin et ses dérivés

I - Volet historique :

Le Rabeb, ancêtre du violon : (on a toujours entendu cette affirmation dans notre milieu musical)

Les chercheurs en musicologie sont unanimes pour avancer que cet instrument de musique est l’ancêtre du violon moderne, qui ce dernier fut inventé en 1520 à Milan, il est apparu aussi à Crémone et Brescia, ville italienne, réputées pour leur lutherie. (Antonio Girolamo Stradivari (1644-1737) et son violon le stradivarius fabriquait à Crémone, ville de lutherie par excellence).

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

On a rapporté aussi que le violon avait été inventé par le luthier de Crémone, Andrea Amati, aux alentours de 1560.. Mais ce sont deux des apprentis de son petit-fils, Nicola Amati, (grand luthier lui-même), Antonio Stradivari avec sa véritable dynastie et Andrea Garneri qui deviendront les luthiers les plus célèbres du monde,

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Puis il y a eu l’apparition de l’alto, le frère du violon vers le 16e siècle. A partir du 17e siècle on le dénomma alors viola da Braccio, on le joua d’abords sur l’épaule puis sous le menton comme de nos jours. L’alto, dit-on, est l’instrument dont le timbre se rapproche le plus de la voix humaine. Celui qui entend une fois le chant de l’alto ne saurait l’oublier : une sonorité sombre et veloutée, un timbre nostalgique, rêveur et passionné.

Le plus petit, le 1/8, fait 30 à 31 cm ; l’alto adulte mesure entre 40 et 42 cm.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Le Ravanastran :

Il existe aussi d‘autres instruments à archet plus anciens que le rabeb, comme le Ravanastran de l’inde.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Le Rabeb est un ancien instrument à archet et à cordes frottées. Dans le monde arabo-musulman il y a de toutes sortes et de formes différentes.

L’Europe avait connu le rabab (rebab ou rbab) dit-on vers le 9eme siècle (après J.C.) via l’Andalousie musulmane par le biais des troubadours (…) où il fut ramené du Maghreb nouvellement islamisé.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
r'beb berbère ezoussi

r'beb berbère ezoussi

r'beb du sahara lemzad

r'beb du sahara lemzad

rabeb Maghrebein

rabeb Maghrebein

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Repères historiques:

Ibn El Hayane de l'Andalousie musulmane , (mort 250 ans après Zeriab), rapporte en citant Ahmed Ibn Mohamed Ar Razi, (mort en 944), que Zeriab lors de sa venue à Cordoue en 822, avait ramené avec lui une quarantaine d‘instruments de musique, dont le luth et le rabeb (avant l’arrivée de Zeriab les musulmans utilisaient le tanbour, autre genre de luth) .

- Al Maqqari le Tlemcenien, (1591/1632) lui aussi avait mentionné ce fait, en se référant à:

- « Almouqtabas fi akhbar al andalous « d’Abou Marwan Ibn Hayyan (mort 1108 a JC) (le livre re-édité à Beyrouth en 1965).

(Al Maqqari, de son nom complet Shihab al-Din Abul Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ben Yahya al Qurayshi, un historien arabe né à Tlemcen vers 1591 et mort au Caire en 1632). Il était un mufti et écrivain. Une de ses livres où il relatait la biographie détaillée le Zeriab: Nafh al-tib min ghusn al-Andalus al-ratib wa-dhikr waziriha Lisan al-Din ibn al-Khatib, نفح الطيب من غصن الأندلس الرطيب وأخباروزيرها لسان الدين بن الخطيب ce qui signifie "Exhalation de la douce odeur du rameau vert d'al-Andalus et histoire du vizir Lisan ed din ben al-Khatib"), est une histoire d'Al-Andalus.)

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Repères en Espagne du temps de la conquête musulmane.

Conservation des miniatures où sont dessinés des centaines d’instruments de musique:

LES CANTIGAS DE SANTA MARIA : Les Cantigas de Santa Maria constituent une des plus vastes compilations de thèmes musicaux qui nous soient parvenus en provenance du XIIIème siècle. Ils contiennent des centaines d’instruments de musique utilisés à cette époque et dont les instruments des musulmans.


C'est le roi de Castille Alfonso el Sabio (le savant, ou le sage), à la tête d'une équipe d'artistes, qui a élaboré cette œuvre monumentale entre 1250 et 1280 environ. Le roi Alfonso expose son dessein dans le prologue qui ouvre la série des 426 cantigas:

LE LIVRE DES CANTIGAS DE SANTA MARIA

LE LIVRE DES CANTIGAS DE SANTA MARIA

VIÈLE IMAGE DANS LES CANTIGAS

VIÈLE IMAGE DANS LES CANTIGAS

RABEB ET OUD DANS LES CANTIGAS

RABEB ET OUD DANS LES CANTIGAS

l'ancienne écriture musicale que les musulmans de l'Andalousie  n'avaient pas adopté quand ils étaient au summum des sciences
l'ancienne écriture musicale que les musulmans de l'Andalousie n'avaient pas adopté quand ils étaient au summum des sciences

Remarque perso. Mouats Hafid:

  • comment expliquer que les arabo-andalous d’Espagne musulmane n’ont pas dessiné leurs instruments de musique sur des livres ou des iconographies au même titre que les textes poétiques du mouwachah et zadjal ?
  • Ceci me ramène à faire une remarque pertinente : Si les musulmans de l’Andalousie qui étaient au summum de leurs arts, sciences, philosophies, en un mot de leur « civilisation », avaient employé ce genre de moyen de conservation, comme la notation musicale, les miniatures ou des sculptures sur ivoires ou autres, on aurait alors sauvegardé une partie au moins du patrimoine musical de cette époque. (entre 1250 et 1280 après J.C.).
  • Les cantigas renferment aussi des transcriptions sur l’ancien solfège des neumes pour les chants des troubadours et qui ont été conservés jusqu’à nos jours.

Aperçu sur le Rabeb :

Le terme rabâb (ou rubāb, roubab, robâb, rebâb, rubob et rawap) désigne deux grandes familles d'instruments à cordes dont la table d'harmonie est une peau. Le terme est attesté dès le 10e chez le musicologue Al Farabi. Il a été certainement ramené par les irakiens, dont Zeriab dès le 9eme siècle. Le rabeb du Maghreb arabe diffère de celui du moyen orient, utilisé dans la musique des bédouins du Khalidj el arabi.

Le rabab Maghrébin est constitué d’une boite de cèdre, de noyer, ou citronnier, de cèdre, d‘acajou, en abricotier et aussi avec le bois des vignes. Sculpté d’une seule pièce, il a une forme ovoïde allongée, couvert d’une peau de chèvre tendue (edjelda), il possède un petit chevalet (el koursi, el fares ou bien lahmar, le bourricot) souvent avec un petit cylindre de roseau. Sa large touche est couverte d’une lame de cuivre mince ( eç-çedre, poitrine), percées de 3 ou 4 petites rosaces, avec dessins des étoiles dans le style mauresque, ou bien des fleurs ( ennouarats). Il a deux chevilles, un sillet (el an’f) de bois ou d’ivoire, deux cordes en boyau (intestin de moutons) attachées à un bouton, il porte des ornements en nacre et en ivoire. Dans son bois, on incruste aussi des lettres en arabes ou en hébraïque. Son archet (el qaous) est en forme d’arc de fer (parfois en bois), portant une mèche de crin (es-sbib ou ch’ôur, cheveux). Il y a sur les rebords de la boite de l’incrustation en nacre ou en ivoire qu’on nomme « tresses de cheveux», (es-soualef), qui pondent des deux côtés du visage comme celle d’une femme. Sur le bras (el qabda) à 90 degrés avec la boite où un porte cordes est collé, d’une forme rectangulaire. Il a deux cordes en boyau dont le grave est appelé « djouab, radjeê ». Son accord est ré/la grave, en quarte ou bien en quinte, ré/sol grave. Sa tessiture est dans le registre ténor, il a un timbre proche de la voix humaine.

Position idéal d'un rabeb.

Position idéal d'un rabeb.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Omar Bakhchi de Tlemcen

Omar Bakhchi de Tlemcen

Abdelkrim Dali de Tlemcen

Abdelkrim Dali de Tlemcen

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Rabeb marocain

Rabeb marocain

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Farid Khodja de Blida

Farid Khodja de Blida

le rabeb a encore de beauX jours devant lui, la preuve ce tout petit de Tlemcen avec un rabeb.

le rabeb a encore de beauX jours devant lui, la preuve ce tout petit de Tlemcen avec un rabeb.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Les dérivés du rabeb:

Le rebec :

Le rebec de l’Europe médiévale est un dérivé du rabeb Maghrébin par le truchement des instruments comme « el rabel » ou « rébé morisco ».

joueur de rebec

joueur de rebec

joueur de rebec Arménien

joueur de rebec Arménien

Les Vielles rabab :

La famille des vielles rabâb est rustique et ancienne. Il en existe deux types :

· grand, à manche long et fin, sans frettes, à trois ou quatre cordes, à pique, plutôt utilisé dans la musique classique sud-asiatique ou la musique folklorique moyen-orientale. Il s'apparente alors au Kamancè.

· petit, à manche court et large, sans frettes, monocorde ou bicorde, utilisé dans la musique folklorique et savante (la musique arabo Andalouse) nord-africaine. Il s'apparente alors à la lyra.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Les violes :

Elles se divisèrent en deux familles qui coexisteront jusqu’au XVIIIe siècle : les violes « de gambe », ( « de jambe ») et les violes « à bras », c’est à dire tenues pour les premières, verticalement entre les jambes, et tenues horizontalement sur les bras, pour les secondes. Les premières conserveront l’appellation de violes, et les deuxièmes donneront naissance à la famille dite du « quatuor », c’est à dire violon, alto, violoncelle (quatuor parce qu’on compte 2 violons).

La famille des violes comporte quatre membres (le soprano, l'alto, le ténor et la basse) et forme ainsi un quatuor pour lequel beaucoup de musique fut écrite au XVIIe siècle.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Cette viole est tenue de la même manière que les Altos et violons dans notre malouf.

Cette viole est tenue de la même manière que les Altos et violons dans notre malouf.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats

Les kemençé turques :

Kéman = violon et tché = petit ; donc kémentché c’est un petit violon. Sauf qu’il désigne plusieurs instruments à cordes frottées. Les turcs avaient gardé les mêmes instruments de musique depuis l’époque d’El Farabi. (Al-Fârâbî nait en 872 et meurt à Damas, en 950). Parmi les instruments à cordes ils ont aussi le Ighli, rabeb turc , le siné -keman. Avant l’arrivée du violon en Turquie, ils utilisaient jusque là dans leur musique classique au 17eme siècle, la viole d’amor, elle fut ramenée d’Autriche.

Kemencè de la musique classique Ottomane.

Kemencè de la musique classique Ottomane.

Orchestre Ottoman avant l'arrivée du violon européenne, on voit au centre en bas, une kemençè tenue à la manière de nos ,violons dans la musique andalouse Algérienne et Marocaine.

Orchestre Ottoman avant l'arrivée du violon européenne, on voit au centre en bas, une kemençè tenue à la manière de nos ,violons dans la musique andalouse Algérienne et Marocaine.

Kenemçè aglarmis

Kenemçè aglarmis

Un autre type de Kemencè ( kementchè) adopté par beaucoup de peuples de l'Asie.

Un autre type de Kemencè ( kementchè) adopté par beaucoup de peuples de l'Asie.

Autre Kemencè

Autre Kemencè

Kemencè Rebab de Soumatra

Kemencè Rebab de Soumatra

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Kemencè geichak de l'Iran

Kemencè geichak de l'Iran

Rabeb et ses dérivés, historique:

Le rabeb lors de son introduction en Europe, a été rebaptisé « rebec », il avait alors un son plus aiguë que le rabeb maghrébin, puis modifié pour donner la famille des « vièles » à archet et à manivelles, qui eux aussi avaient des sons aigus. Arrive la naissance de la musique dite verticale, avec la superposition des sons pour créer la dilution sonore, qu’ils avaient nommée « harmonie » ou « polyphonie vocale et instrumentale ». Il fallait donc des instruments capables de produire des sons aigus et des sons graves, pour cela la famille des violes a vue le jour. Ainsi, on trouve toutes sortes de violes, les plus grands, comme les violas de Gambe et les petites violes, comme les violes d’amor.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Les instruments à cordes frottées avec archets dans des musées.

Les instruments à cordes frottées avec archets dans des musées.

Les instruments à cordes frottées avec archets dans des musées .Du rabeb au violon moderne.

Les instruments à cordes frottées avec archets dans des musées .Du rabeb au violon moderne.

2 ) L’alto :

Cet instrument fut désigné d’abord sous le terme de viola da braccio. En allemand : Bratsche, en italien, en espagnol, en portugais ou en anglais : viola). L’alto, (ou violon alto) est très semblable au violon. C’est donc un instrument de la famille des cordes frottées. Ce qui le différencie du violon est sa taille : il est plus grand, plus épais, et sonne plus grave que le violon (accordé une quinte en dessous du violon). Il occupe la place de ténor dans le quatuor à cordes. Sa taille est supérieure au violon 4/4 : Sa longueur varie entre 42,2 cm et 47,8 cm ; sa largeur supérieure entre 20 et 21, 9 cm.

Pièces qui composent un violon :

  • Table en épicéa,
  • les éclisses en érable,
  • manche et cheville en érable
  • l’âme, en sapin
  • Cordier, sillet inférieur et bouton en buis
  • Sillet du chevillier en ébène et en ivoire (parfois pour les deux sillet en buis)
  • Touche en érable plaquée en ébène
  • Cordier en érable plaquée en ébène
  • Mentonnière en bois ou en matières synthétiques
  • Les vernis sont à base d’huiles et d’alcool
  • Le chevalet est en érable
  • Le cordier est accroché à une corde en boyau
  • L’archet en palissandre ou en bois du Pernambouc
  • La mèche est en crin de cheval ou synthétique
  • L’archet comprend : la hausse, la vis et la mèche.
«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Un quatuor à cordes, 2 violons 4/4 1 alto et un violoncelle.

Un quatuor à cordes, 2 violons 4/4 1 alto et un violoncelle.

L'insertion et l'apport du violon dans la musique classique maghrébine:

L’alto est l’instrument de prédilection des musiciens Marocains et Algériens versés dans la musique dite andalouse, il est désigné sous le nom de Kemendja. Ce mot a des formes différentes comme : KAMENDJA, KAMALDJA , KEMELDJA ou KEMENDJA. On attribue aussi ce mot au terme KAMACHA ou KEMECTHE. Le nom signifie simplement «petit nœud» Instrument d’origine Persane, Il a été adopté par d’autres peuples comme les turcs et l’on nommé aussi Kemençé (Kemen c’est le violon et çé petit violon). Çé = tché en turque.

On voit bien symboliquement la transition, du rabeb au violon alto.

On voit bien symboliquement la transition, du rabeb au violon alto.

Musiciens Ottoman , des violes au violon.

Musiciens Ottoman , des violes au violon.

Anciens ouvrages traitant de la musique classique algérienne et les instruments :

  • Alexandre Christianowitch, 1835/1874, édition du livre « Musique arabe aux temps anciens » Cologne, 1863. Christianowitsch est le premier musicien à avoir transcrit des noubas entières dans son ouvrage « Esquisse historique de la musique arabe aux temps anciens »,
  • François-Joseph Fétis, né le 25 mars 1784 à Mons[] et mort le 26 mars 1871 à Bruxelles[], est un compositeur, critique musical et musicographe belge.

L’un de ses ouvrages sur la musicologie : Histoire générale de la musique depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours, Paris, Firmin-Didot, 1869-1876, 5 volumes

(la première transcription sur partition en Algérie remonte à 1732, par le biais de deux extraits de la nouba Mezmoum qui sont présentés dans l’ouvrage de l’ecclésiastique anglais Thomas Shaw « Voyage dans la régence d’Alger ». )

Le livre d'Alexandre Christalowitch

Le livre d'Alexandre Christalowitch

- Francisco Salvador Daniel.

Premier musicologue Français à s’intéresser à la musique des arabes*.
Né à Paris en 1831, musicien savant, directeur du conservatoire de Paris, il avait appris l’arabe en séjournant un temps en Algérie à partir de 1853. Il se mêlait aux musiciens Algériens en s’habillant comme eux et il joue avec eux la nouba dans leurs concerts. Il parcourut tous les recoins du pays pour rédiger ces articles et ses livres sur la musique des autochtones. Il avait étudié nos musiques de 1856 à 1867 avant de regagner la France, afin de militer pour la commune de Paris où il mourut fusillé par les royalistes, lui le républicain.

« Musique et instruments de musique du Maghreb » de Francisco Salvador Daniel

« Musique et instruments de musique du Maghreb » de Francisco Salvador Daniel

« Le kemangeh des arabes de l’Algérie ne diffère en rien du violon européen. Monté comme l’alto, il n’a presque rien de commun avec le kemangeh connu en Egypte et décrit par Villoteau. Les arabes tiennent le kemangeh comme on tient le violoncelle » (Francisco Salvador Daniel)

Ici il y a confusion de la part de l'auteur, cet instrument c'est la Kementchè turque, il a juste repris une image de François Jean Fetis, décrit plus haut.

Ici il y a confusion de la part de l'auteur, cet instrument c'est la Kementchè turque, il a juste repris une image de François Jean Fetis, décrit plus haut.

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
  • Le livre de Ghaouti Bouali le tlemcenien, édité en 1905, où il décrit les instruments de musique utilisés dans la musique andalouse, dont le luth arabe et la kouitra, le rabeb, les flûtes, les percussions et le violon ( Kemendja ou jrana, selon les constantinois écrivait-il.)
Le livre de Ghaouti Bouali le Tlemcenien, édité en 1905;

Le livre de Ghaouti Bouali le Tlemcenien, édité en 1905;

Le livre de Ghaouti Bouali le Tlemcenien, édité en 1905;

Le livre de Ghaouti Bouali le Tlemcenien, édité en 1905;

Le livre de Ghaouti Bouali le Tlemcenien, édité en 1905;

Le livre de Ghaouti Bouali le Tlemcenien, édité en 1905;

  • Le musicologue Jules Rouanet,
  • sur l'Alto adopté par les musiciens versés dans la musique andalouse.

Quand le Maghreb est devenu le refuge des Arabes d'Espagne (à partir de 1492), la musique arabo-andalouse a connu un nouveau en s'appropriant les spécificités socio-culturelles. Jules Rouanet a promu l’Art musical andalou, ou musique classique algérienne, dont il s'est inspiré et qu'il a contribué avec Francisco Salvador Daniel et Camille Saint Saëns notamment, à faire connaitre. Cet art musical a pour origine la musique arabe inspirée des anciennes civilisations orientales.

Le musicologue Jules Rouanet au début du siècle dernier ait rapporté dans un de ses livres que dans le lexique populaire des musiciens maghrébins, le mot désignait l’Alto sous le vocable de « elkemel djè » : phrase arabe qui signifie = le complément est arrivé, ou bien la perfection est venue. Quant l’alto fut ramené des pays des Roums (C.à.d. pays des Chrétiens) et rebaptisé en kemendja avec un « N » au lieu d’un « L » les musiciens étaient si émerveillés par ce joyau de par sa qualité sonore et la facilité de son accord s’écrièrent alors « Ah ! el kemel djè » Ainsi le mot KEMENDJE s’appliqua désormais à l’instrument moderne de la famille du violon qui apparut selon voila 250 ou 300 ans avant les recherches de ce musicologue.

L’alto, par sa perfection et ses avantages d’exécution, rapporta donc à l’orchestre magrébin et arabe du moyen orient pour le 4/4 un heureux complément. Pour plus de précision, elkemendje c’est l’alto au Maghreb arabe et au moyen orient le violon 4/4 c’est la kemendje ( el kemendja ou el kemene) aussi.

Désormais, le rabeb fut relégué au second plan. Détrôné par l’insolent et imposant violon, Les joueurs du légendaire rabeb tant décrié dans la poésie andalouse n’auront plus à démancher sur sa large touche et revenir au jeu embrassé qui consiste à faire des sauts de doigtés pour réaliser toute la tessiture d’une mélodie. L’alto ou » Elkemedje eroumi » selon Jules Rouanet avait alors perdu ses cordes de résonance en laiton pour être remplacé par des cordes en boyaux comme les deux cordes du rabeb. Cette dernière appellation de l’Alto a été mentionnée aussi par le musicologue Français Salvador Francisco Daniel.

Notes Mouats Hafid :

Les musiciens versés dans les styles ou écoles de la musique andalouse dite gharnati de Tlemcen et sanaâ d’Alger, posent l’alto sur le genou gauche pour les droitiers et sur le genou droit pour les gauchers, tout en étant assis sur tabouret, chaise ou à même le sol. Les cordes sont frottées à l’archet avec la main droite, l’instrument pivote sur le bouton entre les deux éclisses à l’aide de la main gauche, l’archet parcourt les quatre cordes accordées en quinte.

Soit : mi 1ère corde la 2eme corde, ré troisième corde et do grave 4eme corde. Accord élevé d’un ton de l’Alto européen.

Dans la musique andalouse du Constantinois qui est le malouf, la kemendja ou l’alto est saisi entre les jambes verticalement, légèrement incliné à droite ou à gauche. Son accord est resté à l’européenne : LA, dit 440 1ère corde RE, SOL, et DO corde la plus grave. Ses cordes sont en acier. L’accord spécifique des musiciens traditionalistes est souvent élevé d’un demi ton ou d’un ton pour donner plus de volume à l’instrument et à la voix, car tel est l’avantage de ces positions que j’ai cité plus haut. J’estime qu’il n’est pas aisé de chanter avec la position du violon sous le menton.

Mis à part les marocains et les algériens qui tiennent le violon à leur façon, les autres musiciens de la Tunisie jusqu’au moyen orient en passant par l’Iran et la Turquie, prennent l’instrument en position universelle, c'est-à-dire sous le menton.

Pour clore cette présentation, j’ai l’honneur de citer quelques violonistes qui avaient laissé leurs empreintes dans la musique classique algérienne : Il s’agit de Mustapha Belkhodja pour Tlemcen, Abdelghani Belkaid pour Alger et Mohamed Tahar el Fergani pour Constantine.

D'autres icônes aussi de la musique andalouse sont connus pour avoir adopté l'alto comme compagnon de route.

Belkhodja Mustapha de Tlemcen

Belkhodja Mustapha de Tlemcen

Abdelghani Belkaid d'Alger

Abdelghani Belkaid d'Alger

Mohamed Tahar Fergani de Constantine

Mohamed Tahar Fergani de Constantine

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Hacene El Annabi

Hacene El Annabi

«L’apport du violon-alto (kamendja) à la dimension musicale andalouse»    (El Kamendja Erroumy) Par M. Hafid Mouats
Abdelkrim Dali

Abdelkrim Dali

Hamdi Bennani d'Annaba

Hamdi Bennani d'Annaba

M Mouats Hafid avec cheikh Mohamed Tahar Fergani en 199.

M Mouats Hafid avec cheikh Mohamed Tahar Fergani en 199.

Ainsi j'ai puisé ce thème que m'a été proposé par M Noureddine Saoudi d'Alger, concepteur des conférences en marge du festival de musique sanaâ 2015.  

C'était ma dernière conférence et depuis j'ai cessé de faire des recherches sur la musicologie. 

Les causes je les ai énuméré sur ma page facebook "Beyt el moussiqa el andaloussiya" et sur ce blog, voir à la fin du texte de  ma conference sur les  luths maghrébins.

 

 

Mouats Hafid, musicien,  musicologue  autodidacte et amateur, 

ex prof  de musique au conservatoire de musique de Skikda.

 

Ma dernière conférence, ici à la salle Franz Fanon, Ryad El feth, Alger le 7 décembre 2015.

Ma dernière conférence, ici à la salle Franz Fanon, Ryad El feth, Alger le 7 décembre 2015.

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