Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 14:46

 

 

Dans cette vidéo le bachraf nirz éxécuté par  l'association "maqam" de Constantine où le mode a été alltéré :

 


 

 

  Ici le bachraf nirz éxécuté par les Tunisiens, il est aisé de déceler la difference entre la version Constantinoise et tunisienne.

 

 

link
 

 

Il est vrai que le malouf tunisien et le malouf Constantinois sont proches de part le partage de certaines mélodies dans les noubas, Bachrafs, touchiyas et chants, mais la différence est dans les mesures et les modes aussi. Dans ce bachraf par exemple dénommé « bachraf nirz » chez nous et chez eux aussi il est sensé être composer dans le tab3 (mode) hsine en Tunisie, désignait comme mode « maya » dans notre malouf. Si on admet que ce bachraf est typiquement du malouf tunisien il a donc été altéré de par son mode par les gens du malouf de Constantine.
Le tab3 hsine de Tunisie est ainsi : ré ( doukah) / mi (spécial demi bémol + un comma) / fa / sol / la / si demi bémol ( quart de ton+ si bémol) /do et ré octave ( mohayar). Ainsi donc c’est un mode plus proche du maqam oriental « bayati ou housseini).
Le tab3 maya de Constantine : ré (maya) mi (sika) (naturel) fa (mezmoum) sol ( raml) la (hsine) si (sika hsine) ( +si bémol) do ré naturel. C’est juste l’équivalent du mode mineur de l’occident, donc apparemment c’est un mode andalou selon la tradition de la pratique.
Ainsi la différence est de taille sur le plan modal.
Nous savons que ce bachraf « nirz » a été ramené par cheikh Abedelkader Toumi, Allah yarahmou lors d’une prestation de l’orchestre pilote de Constantine à Tunis en 1966. Il a été dépouillé de son mode hsine altéré en mode maya de chez nous et aussi, les mélodies ont étaient remoulées selon le tempérament de notre malouf, de part les variations et le jeu spécifique de nos musiciens. Ainsi il a été re- travaillé pour en faire un bachraf Constantimois.
Puis, avec cet enregistrement que j’ai proposé de l’association maqam de Constantine, sous la direction de Rabah Khetat, ils ont essayé apparemment de réajuster la bavure commise par Le cheikh Toumi. En écoutant finement, on constate aisément, malgré la copie plus ou moins sur le bachraf tunisien, la même erreur de ne pas respecter le mode hsine tunisien, substitué par notre mode maya. En plus des variations spécifiques à notre jeu, ce bachraf est encore adopté à notre goût, notre tempérament.
Dommage pour l’authenticité et le respect de la tradition. La même erreur est commise par d’autres associations de notre pays en ce moment qui exécutent des samais du classique Turc. Je l’ai déjà souligné dans mes articles sur le même sujet, l’oreille (ou l’ouie musical) ne suffit pas pour reproduire un morceau instrumental ou vocal fidèlement selon ses origines. Voila où impérativement l’utilité de l’outil « solfège » qui rentre en considération.
Qu’est ce qui a fait mon intégration si rapide et si efficace dans le groupe Ibn Sina d’Alger ? Le chef d’orchestre m’a envoyé un jour le programme d’une soirée pleine (fusion groupe Khalil Karaduman, de Turquie et Ibn Sina Group d’Alger). Le programme était sous forme d’audio et principalement de « PARTITIONS » musicales. En quinze courtes journées j’ai maitrisé le programme avec justesse et honoré ma prestation avec la fusion des deux groupes. Tout cela grâce au solfège, outil qui m’a permis de jouer juste et avec assurance.
Ceci me ramène à dire que nos associations continuent à négliger l’étude du solfège et son application à la musique andalouse. Les Tunisiens l’ont fait partiellement pour leur malouf, résultats : tous les musiciens jouent de la même manière un même morceau sans dénaturation et on pu garder authentiquement leur patrimoine musical. Attention… la partition n’est pas une fixation mécanique sur un morceau de musique ou chant, il y a la partition comme guide de justesse et le tempérament (erouh comme on dit dans le jargon andalou) devrait être donné par le musicien ou l’orchestre selon les longues traditions des maîtres de la musique andalouse.

 voici la partition du bachraf nirz où on remarque au niveau de l'armature les notes altérées qui donnent le tab3 hsine tunisien et qui sont supprimées dans cette vidéo afin de donner le tab3 maya de notre malouf.

nirz.jpg

Partition tirée de ce fascicule. Voici un excellent travail élaboré par l'équipe de Salah El Mehdi sous le patronage du ministère de la culture Tunisien dans les année 60. Grâce à ce fascicule, ces pièces sont sauvegardées et personne n'ose les dénaturer. IL y a un consensus donc. Travail que les Algériens n'avaient pas réalisé. Résultat: une grande polémique chez nous sur la justesse ou non de nos bachrafs et touchias.

 

418385 370186636339619 953094290 n

  Les modes tunisiens renferment des micro intervalles comme ceux des maqamets charqi. Nous partageons néanmoins quelques textes de mouwachahs andalous, nous partageons quelques breouèl comme hosn el 3idar, quelques fondo comme frag ghzeli, quelques modes aussi comme l'isbi3ayne qui est presque notre zidane, le mezmoum qui est identique au notre. Nous partageons aussi quelques mélodies dans des chants. la différence se situe aussi au niveau de l'orchestration, nous utilisons l'alto entre les genoux où son accord est élevé d'1 demi ton, eux utilisent le violon 4/4 sur le menton , accordé comme les orientaux, notre oud arbi ne s'accorde pas comme leur oud etounsi, nous utilisons le djaouaq ( fhel) eux ont le ney oriental, au malouf on n'utilise pas le oud echarqi comme eux. Enfin la structure de la nouba tunisienne est différente de la notre. Quant au chant vif qui existe chez nous, comme le mahjouz, le zedjel , les silsilets etc , dans le malouf tunisien ils ont aussi les ahazidj c'est à dire elkhafif, spécial a3ress et qui est tiré de l'andalous comme notre patrimoine malouf.

A Constantine je me rappelle bien quand tu discutes avec les chouyoukhs (cheikh Rabah Bouaziz, Darsouni, Brahim Lamouchi, Bentobal, etc..) dont j'ai eu l'honneur d'approcher pour des conversations, ils me disent tous que le terme malouf désigne uniquement la nouba, c'est-à-dire les textes andalous, puis il y a les dérivés populaire qui sont le mahjouz, la3aroubi, lebraouel, lemchaghlines, les silsilats, les valses, le haouzi, zedjel, la qaçida, les medihs et d’autres … qui sont souvent tissés avec l’arabe dialectal local ou régional.


J’ajoute juste que dans le malouf tunisien il y a aussi du raffinement car c’est un art structuré et représente la société citadine qui a des traditions dans l’andalousie et dans la culture arabe des abbassides, car n’oublions pas que Kerouan était une capitale politique est culturel qui s’étendait jusqu’à Bejaia et Constantine sous les Nasrides et les Hafsides. Zeriab avant son exil en Andalousie ( à Cordoue) il avait séjourné 12 longues années à Kerouan où il a trouvé un rayonnement culturelle inspiré de Baghdad et sa splendeur. Sans compter la période Ottomane où les Tunisiens sont plus que nous imprégnés de leur culture.

Hafid Mouats , le 12/09/2013 

Partager cet article

Repost 0
Published by newdiapasondeskikda.over-blog.fr
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de newdiapasondeskikda.over-blog.fr
  • Le blog de newdiapasondeskikda.over-blog.fr
  • : Un blog d'échange sur la musique et l'amitié entre les peuples.
  • Contact

Texte Libre

Recherche