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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 08:46

 

Définition simplifiée :

 

L’harmonie en musique est la superposition des sons selon des rapports fractionnels entre eux :3/4, 4/4, 5/4, et 6/5 qui entendus simultanément donnent une harmonie dite consonante (consonance = accords de sons agréable à l’oreille), c'est-à-dire quand deux sons ou plusieurs qui s’entrechoquent en procurant une agréable sensation  à l’oreille. Plus l’intervalle entre les notes est plus petit et plus il perd de sa consonance et tend vers la dissonance,  (dissonant= rencontre de sons qui ne s’accordent pas) effet qui heurte un peu les oreilles, donc moins agréable à ouïr.  En un mot, l’harmonie est l’aspect vertical de la musique (notes superposées) par rapport à la mélodie qui est horizontale (notes successives).  Le mot  est dérivé du grec harmonia, signifiant « arrangement », « ajustement », et désignant plus précisément la manière d'accorder la lyre (instrument à corde). Voire l’encyclopédie wikipedia pour plus de détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_%28musique%29#Construction_des_accords.

 

Cependant, les peuples (Arabe, turcs, Persan et autres d’Asie) imprégnés par  la musique à base modale selon les sons exécutés successivement semblaient ne pas sentir le besoin d’appliquer les règles des accords à leurs mélodies monophoniques (ou unissons). Leur instinct musical n’admet pas la polyphonie (multi-sons), leurs oreilles n’en auraient pas été satisfaites car les sentiments mélodiques leur sont plus dominants. L’argument des musiciens avertis et conservateurs est que l’harmonie (invention occidentale, « La Renaissance marque la transition entre la polyphonie et l'homophonie, et entre le système modal médiéval et le système tonal du siècle suivant — XVIIe siècle ») n’est pas compatible avec les modes orientaux pourvus de micro-intervalles ( le ton est divisibles en 9 chez les turcs et les Perses et 4 chez les arabes, au Maghreb arabe la musique savante s’était occidentalisée et  tempérée en ton et ½ temps, probablement en Espagne musulmane).

 

Paradoxalement, les occidentaux sont les seuls à voir une harmonie des accords et qui trouvent ce mélange agréable à écouter. Pourtant dans la nature  aucun animal, aucun un être humain individuellement ne produit d’autres sons en même temps  que l’unisson qui forme la mélodie.   Les grecs par exemple et leur grande civilisation qui avec leurs délicates oreilles n’ont pas décelé ces voluptueux sons superposés, eux qui avaient inventé le système des échelles modales et que les occidentaux avaient délaissé dès l’invention de l’Harmonie vocale d’abords, puis instrumentale, basées sur l’entêtement d’user  des  seuls modes majeur et mineur d’où toute la théorie de l’harmonie a été construite.

 

Un grand écrivain Français : Jean jacques Rousseau, s’exprimait sur ce débat entre les orientaux et les occidentaux en disant ceci : « … que la vraie musique doit être purement mélodique… » Ceci est réconfortant pour les retissant à l’apport de l’harmonie dans la musique modale et qui pensaient avec conviction « qu’en voulant harmoniser nos modes (maqams, touboues), nous risquions de perdre la multiplicité de ces gammes si sublimes et si séduisantes. » Ainsi des occidentaux accusent les orientaux de rester insensible aux effets de l’harmonie et que les modes orientaux sont à priori harmonisables.  Ils accusent aussi et peut être à tord les musiciens de civilisation musulmane (surtout de l’Andalousie musulmane, berceau des sciences et du savoir) « de négliger l’étude des sons superposés, en tirant profit uniquement de leur art purement monophonique des siècles du moyen âge. ». 

 

 A noter que les musiciens musulmans des siècles derniers  (depuis la chute de Grenade jusqu'au 18 siècles où seule la Turquie avait transcrit sa musique Ottomane qui encore sauvegardée fidèlement)  n’avaient pas aussi jugé utile l’introduction du solfège contemporain pour transcrire et sauvegarder à jamais leurs musiques de l’usure du temps.

Généralement, les orientaux (Arabes, Perses et Turcs) qui sont favorables à l’introduction de l’harmonie  sur leurs musiques modales sont des maestros Européanisés qui avaient étudié là-bas ou dans des conservatoires académiques de leurs pays et qui n’avaient pas  la maitrise des arts lyriques traditionnels des terroirs.

 

M Bourgeault – Doucoudray, un autre penseur français disait aussi «  Admettant que les occidentaux dont la musique a été immobilisé jusqu’ici dans une longue stagnation, est déjà fatiguée par un développement excessif de son « majeur » et « mineur », puiserait  des éléments nouveaux de combinaisons et de moyens expressifs encore inexploités dans l’adaptation  de l’harmonie aux modes antiques ». Il affirme aussi avec une grande lucidité que   « Le jour où  les nations de l’orient pourront appliquer l’harmonie à leurs modes, la musique orientale sortira enfin de sa longue immobilité. De ce mouvement, jaillira un art original et progressif, dont l’avènement ouvrira de nouveaux horizons à la musique occidentale. ». C’est un vœu extraordinaire mais les occidentaux contemporains ont – ils écouté cet appel des sages ? Ont –ils introduit des modes orientaux à leurs musiques ? C’est une évidence que dans l’intérêt de la musique en général le profit à en tirer est immense.

 

Des tentatives de rapprochement entre les cultures de l’occident et de l’orient :

 

Des expériences souvent sporadiques  ont été tenté d’ici et là des deux rives mais sans grand enchantement. Il y a bien eu des compositeurs ou arrangeurs de l’occident qui ont fait des expérimentations de métissage musical en empruntant la gamme dite « orientale chromatiques » qui est le maqam hijaz,  dans des compositions polyphoniques  mais sans lendemain puisque ce n’est que de l’exotisme ou de l’arabesque pour les besoins de musique de films. Je peux citer entre autre le musicien Claude Ciari qui avait harmonisé une chanson de Fayrouz en usant d’un orchestre symphonique : (Claude ciari , fayrouz http://www.youtube.com/watch?v=DgB3YhE6xgA qui même l’expérience semblait plaire et satisfaisante pour les modérés des deux cultures, cela reste encore sans suite.

 

Les orientaux aussi par soucis de modernité ou d’occidentalisation avaient fait des tentatives d’harmonisation, comme dans le monde arabe avec d’abords le chantre Mohamed Abdelwahab qui avait touché à ça en agençant une musique de Beethoven dans une de ses chansons. L’expérience a été critiquée par des occidentaux puis par les conservateurs arabes,  ce qui a contraint cet innovateur à abandonner l’essai pour ne composer par la suite que dans l’unisson traditionnel.  Le dernier à avoir vraiment harmonisé certaines de ses compositions arabes est le Libanais Marcel Khalifa qui a carrément écrit ses musiques basées sur la théorie des maqams en les harmonisant et en les  exécutant avec un orchestre symphonique Européen.

 (Symphonie marcel khalifa http://www.youtube.com/watch?v=LaklyWOm9PU )

 

Nos expériences en Algérie * :

 

Dans notre pays, il y a eu aussi des épreuves pour harmoniser principalement notre musique andalouse, dite aussi « musique Classique ». Ainsi, les maestros Haroun Rachid, Boudjemia Merzak, Abdelwahab Salim et tous les chefs d’orchestres symphoniques algériens formés d’une manière académique, ont fait et continuent à faire des tentatives plus ou  moins réussies.

 

(Chœur et Orchestre Symphonique de Champigny-sur-Marne (COSC)

Concert De l'Orient à l'Occident sous la direction d’Amine Kouider ,

musique arabo-andalouse : http://www.youtube.com/watch?v=EmCwXpv73CM

Boudjemia Merzak : http://www.youtube.com/watch?v=2ej_D-1gdqU

Orchestre Conservatoire d’Alger avec Mohamed Mokhtari eu violon : http://www.youtube.com/watch?v=Ws83Y8EgL3w

La chanson « Bakhta » en symphonie, orchestre  France, le maestro une algérienne : http://www.youtube.com/watch?v=ioUisgNCRu0

 Ya bahi el jamed du malouf en symphonie : http://www.youtube.com/watch?v=SWpFmsNV5LU

Andalous Algérien  qom tara par China Traditional Orchestra : http://www.youtube.com/watch?v=sorg4nh4KLA

L'hymne national d'Algérie symphonie universelle. : http://www.youtube.com/watch?v=69IE1ZCAk4k

 

Le constat en ce moment dans les pays musulmans, est que du Maroc à la Turquie et  en passant pas l’Iran, la monophonie continue à avoir de beaux jours dans la culture musicale, même si les chanteurs de ces nations aiment bien s’accompagner avec les accords sur claviers synthétiseurs ou guitares puisant uniquement dans  la rythmique harmonique.

 

Pour conclure, j’affirme qu’en réalité trop d’harmonie tue la mélodie.

 

On peut aisément vérifier cela avec l’orchestre « Ehalne oua Chabab » de la dernière édition  2013 dirigé par le maestro Farid Aouamer où les chanteurs novices leur ont été souvent reprochés d’être un peu décaler par rapport à  la tonalité. Normal, puisque la mélodie est presque sacrifiée au détriment de l’habillage harmonique.  Ces chanteurs amateurs ne trouvaient pas le soutient des instruments exécutant la mélodie avec eux.  Excellent musicien Farid Aouamer, cela est certain mais   sa tare est qu’il n’est pas imprégné par la musique de son pays, lui et le Jury Safy Boutella qui est derrière les reproches aux élèves « d’elhane oua chabab » pour cette carence en tonalité  sont dans la catégorie des musiciens européanisés que j’ai mentionnés plus haut dans mon article et qui n’ont pas pu comprendre l’anomalie des élèves qui sont « hors gammes », comme ont dit dans le jargon musical de chez nous.

 

 Mouats Hafid, le 10/03/2013.

 

* Voici l'avis d'un spécialiste sur la mise en symphonie  de notre musique andalouse : http://www.elwatan.com/culture/sid-ahmed-belli-compositeur-il-faut-exporter-la-musique-algerienne-22-03-2013-207465_113.php

 

 

 

 

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