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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:47

 

Introduction :

Depuis l’apparition de l’homme sur terre, les combinaisons des sons sont basées sur une succession de notes qui forment une échelle ou gamme. Sans le savoir, l’homme primitif au cours des âges fredonne ou exécute des mélodies qui sont régies par les lois de la nature. Il décale et rétrécit instinctivement les espaces (intervalles) entre les sons pour donner des airs selon son humeur ou son état d’âme du moment. A l’aide de la pierre, de l’argile, de l’os, de la corne, de l’ivoire, du métal ou de son larynx, il exprime et extériorise ses désirs et ses émotions. Plus tard, l’homme a compris et a codifié un langage des signes pour inventer le solfège, cet outil qui détermine les lois des sons ou science de l’acoustique. Toutes les musiques du monde sont produites sur des successions de sons connus sous le nom de « échelle modale ».

Le constat :

Si on demande à un musicien routinier ce qu’est un tab’â طبع       ? Il répond : « c’est une gamme,  comme le sika, le mezmoum, le sihli, le  raml maya, etc… » Et si on lui demande de jouer la gamme d’un mode, il joue un thème d’un istikhbar (improvisation non mesurée sur une gamme), ou un fragment d’une mélodie mais sans plus.

Afin,  de mieux cerner la définition de ce mot, nous constatons qu’il y a toute une théorie pour l’expliquer.  Ainsi, le mot « mode »  est désigné différemment selon les cultures. Au Maghreb arabe il est connu sous le nom de tab’â  ( طبع)   ( طبوع)  , comme au temps de l’épopée andalouse en Espagne. Au moyen orient, on le désigne comme un maqam مقام (station), tabaqa طبافة (couche), Soulem  سلّم (échelle).

Théoriquement, qu’est-ce qu’un mode? : (Je  reformule  la définition afin de la simplifier)

Le mode est la manière d’être d’une gamme (série de notes de musique, ex : do ré mi fa sol la si), c’est une forme particulière d’une échelle musicale qui se caractérise par la façon de disposer des intervalles (espace sonores entre les sons) à l’intérieur d’une gamme (en ton, en demi ton ou notes aux commas, limmas et accidentelles). Pour réaliser un mode il faut donc une octave (soit la 1ere note de départ et son octave) mais il existe des gammes qui dépassent l’octave afin d’élargir et d’orner le mode.  Il y a aussi des gammes qui n’arrivent pas jusqu’à l’octave (comme la pluspart des modes dans nos musiques folkloriques). 

Le mode n’est pas seulement un modele de gammes, mais il constitue aussi souvent des thèmes mélodiques (ou schémas mélodiques) dont s’inspirent les musiciens pour composer ou improviser avec des istikhbarats (taqassims au moyen orient). Ainsi, si nous prenons comme exemple la gamme mineur de l’occident (ré mi fa sol la si bémol do ré octave) qui est l’équivalente de notre raml maya (gharnati et sanaa) ou Hsine et maya (dans notre malouf) nous la percevons différemment car  nos toubou’es  obéissent à des thèmes mélodiques,  longtemps enracinés dans les mémoires et qui se reproduisent continuellement.

Pour déterminer un mode par son échelle et son tempérament il faut réunir certaines conditions :

Les éléments constitutifs :

Les tétracordes qui constituent un ensemble de quatre notes   الطبقة الأولة

Les pentacordes qui constituent un ensemble de cinq notes الطبقة الثانية

 De ces deux subdivisons d’une gamme se détermine les caractères des modes. La quarte se trouve du côté grave, c’est le départ et la quinte du côté aigu : ex : 4 notes, Do ré mi fa (tétracorde) ; 5 notes,  fa sol la si do (pentacorde). Il y a des modes où le pentacorde est le point de départ du grave d’un mode.

L’ambitus : (ou étendue d’une gamme)

C’est l’ensemble des notes du grave à l’aigu que composent un mode. Dans la musique occidentale, l’ambitus avec ses deux uniques modes, le majeur et le mineur n’a qu’une octave, contrairement à la musique modale où il y a des modes qui vont au-delà de l’octave et d’autres moins d’une octave, comme souligné plus haut.


Le commencement :

Une mélodie ne commence pas obligatoirement par la première note d’une gamme, c'est-à-dire la tonique (elqafla), elle peut être entamé par d’autres degrés de la gamme, il ya des règles qui déterminent les meilleurs notes, comme la quarte ou la quinte.

La dominante :

Généralement la dominante dans une gamme c’est la quinte où on  peut faire une pause ou le commencement d’une mélodie mais une tierce peut jouer ce rôle si on la choisit comme note finale (tonique).

La tonique :

C’est la note finale de base d’une gamme. Dans la tradition en musique arabe et orientale, les mélodies se terminent souvent sur cette note. Il arrive que la tonique change dans des repos, sur la tierce, la quarte ou la quinte mais momentanément puisque l’appel et l’instinct à la tonique se font sentir pour fermer le mode en succession de notes.

Note de complément :

Dans certains modes de la musique andalouse et aussi orientale, on touche à une note bien avant de finir sur la tonique qu’on nomme « note de complément » ;  C’est la 7eme note d’une gamme, une sorte de note sensible mais qui ne se termine pas toujours sur un demi-ton au dessous de la tonique comme les modes majeur et mineur de l’occident. Elle peut être élevée d’un ton ou plus selon le dernier intervalle d’un mode à une octave.

Un exemple pour nos modes andalous :

 Zidane : DO Note de complément/RE tonique MIb FA SOL LA SI (SI bémol) DO et RE/ octave ;

R’haoui ou sihli :DO Note de complément/RE tonique  MI FA SOL LAb SI DO et RE/ octave.

06 - Le mouvement et le repos :

C’est le point de départ d’une mélodie qui est souvent la tonique, puis on navigue par ascendance et descendance entre les degrés du mode pour exprimer des sentiments, des états d’âmes, faire des repos sur les dominantes, continuer les promenades entre les notes, établir  des dialogues entre les phrasées  et enfin revenir à la tonique pour indiquer une finale. Ces  deux éléments (mouvements et repos) font la puissance des musiques modales que la culture de l’occident n’a pas ou ne veut pas emprunter pour enrichir, diversifier sa musique et enfin instaurer un dialogue avec un monde longtemps ignoré, le nôtre.

 

Pour résumer le tout, le mode ou la combinaison des notes naturelles et altérées dans une série qui le compose allant du grave à l’aigu, donne des états d’âmes, des tempéraments et des atmosphères qui diffèrent selon l’usage des mélodies en mouvements lents, modérés ou vifs.  On peut s’émouvoir, avoir des songes, des sensations, sentir la joie, l’amertume à des moments bien précis et même rentrer en transe ou dans la spiritualité.

L’origine des modes  est indéterminée :

 Le métissage des cultures a fait que des modes se chevauchent,  se ressemblent et sont  désignés  différemment d’une région à une autre. Si nous nous référons à la musique arabe pour cerner le phénomène de brasage des cultures, nous pouvons déduire que les Arabes et les musulmans se sont imprégnés de la civilisation grecque. Ils ont traduit en langue arabe et analysé les traités de Platon, d’Aristote etc. Les premiers savants Musulmans sous le Khalifa Abbasside comme El Kindi ou El farabi (870/950 de l’ère chrétienne) ont consacré des ouvrages sur la musique, ils ont sans doute étudié minutieusement la théorie des modes grecques pour élaborer des synthèses, inventer des échelles modales et des intervalles entres les notes. Les modes sont nommés là où ils étaient inventés, selon des pays, des villes, des personnes, des peuples et d’après les choses de la vie. Sémantique de quelques modes. *( Maqam au moyen orient, Tabaâ au Maghreb ) mode Yakah : mot persan, yak = le nombre un ; kah = le mode ; Mahour : mot persan = la lune ; Rahaoui : mot Turc = ville de Raha , dans le malouf : r’haoui désigne cet oiseau légendaire qui annonce la mort du fils de l’imam Ali, El Hussein ; Nawa : mot perse = l’adoré ; Nahaouend : ville Persane ; Isphahane : Ville Persane ;  Hidjazi : la région du hidjaz ;  Kurde : Région du Kurdistan ; Maya : mot perse = la levure ;  Zidane (ou Zaydhan): prénom arabe ;  Sika: le nombre trois en Perse ;  Rast : mot perse ( au Maghreb Rasd avec un D ) = droit, debout ou stable ;  Mouwel : mot arabe = istikhbar vocal ;  Husseyni, ou h’sine dans le malouf : Prénom arabe = en hommage à Husseyn, fils du khalife Ali. ;  Raml : mot arabe = le sable ;  Sahli ou Sihli = celui qui habite la côte. ;  Laghrib = l’étranger * ; etc…


Mouats Hafid, le 04/09/2012

Comparaison entre quelques modes arabe et Algérien avec des modes antiques grècs:  

 

01 ionien

 

02-dorien.jpg

 

03-phrygien.jpg

 

04-lydien.jpg

 

05-myxolidien.jpg

 

06-aeolien.jpg

 

07-locrien.jpg


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