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Colloque national sur la nouba contemporaine. Mouats Hafid.

Un colloque national ( du 04 et 05 avril 2013) qui restera longtemps gravé dans les mémoires pour ceux qui avaient participé. C’est le 1er du genre que Skikda a eu l’honneur d’abriter avec plaisir et considération pour notre patrimoine musical classique.  Dans une convivialité rare, une ambiance particulière   qu’on trouve uniquement dans DE telles rencontres où les souvenirs, les expériences et les retrouvailles se mêlent à cette envie d’être là, entre artistes.

 

Ceux qui connaissent notre ville et ses traditions en matières musicale ne s’étonnent pas qu’un tel colloque se déroule à Skikda. Ville qui n’est pas aussi réputé que  Constantine et Annaba, citadelles du genre malouf. Mais de par sa longue tradition en matière d’associations musicales qui furent toujours présents aux forums et festivals à l’échèle national, de par de son ouverture vers les autres genres,  de l’expérience de ses  musiciens où grâce à leur intense activité dans les années 60/70 ont pu convaincre les pouvoirs public de doter cette   ville à vocation industrielle et maritime,  d’un conservatoire de musique qui a vu le jour en 1980.

 

 M Boughandjioua Badreddine, initiateur de ce colloque avec son association : « Club Artistique et littéraire » est justement l’un des acteurs de ce milieu artistique qui a tant donné pour instaurer définitivement  cette musique dans une ville nouvelle qui réellement n’a pas de tradition lointaine pour la musique dite andalouse et où les deux métropoles  du malouf sont les plus représentatifs à l’est du pays. Grace à son expérience dans le mouvement associative avec EL Moustaqbel Elfenni au début des années soixante  (1962/1971) et avec Eltihad Elfenni  (1972/1988), puis avec la création du conservatoire où il fut son directeur et enfin avec son association actuelle, il a pu fédérer autour de lui des jeunes et moins jeunes pour préparer  ce colloque national avec intelligence et tact. D’abords en convaincant la direction de la culture et les jeunes de son  association de l’utilité d’une telle rencontre.  Il a soumis le projet finalisé au directeur de la culture que ce dernier n’a pas hésité à prendre en charge en donnant les moyens pour la réussite de ce colloque. Une phrase vraiment significative que ce directeur avait dite aux organisateurs «  d’habitude les musiciens quand ils rentrent  dans mon bureau c’est pour les programmer aux soirées et là, c’est la première fois qu’une association me soumet un projet d’intérêt public et culturel » ‘ comment voulez –vous que je n’encourage pas une telle initiative ? ». En effet,  non seulement il a mis en service toute sa direction pour la réussite de ce colloque mais il était présent du début à la fin aux communications et à tous  les débats où il a d’ailleurs intervenu plusieurs fois.

 

Donc on peut dire que c’est la synthèse d’une longue marche et d’un  itinéraire d’un musicien où il arrive à ce point culminant pour discuter entre chercheurs, musicologues et musiciens de  l’état des lieux de cette musique , son histoire, son présent et ses perspectives d’avenir.

 

Ainsi durant deux jours les intervenants  avec chacun son exposé a montré au public présent les résultats de  recherches et de réflexions sur l’histoire de la musique andalouse, sa poésie et ses noubas.  Le thème du colloque était «  la nouba contemporaine », un peu provocateur et intrigant mais le choix de ce thème n’était pas fortuit.  Les initiateurs de ce 1er colloque ont voulu  aborder les innovations, les retouches et même les compositions musicales qui se sont effectuées ces dernières années dans les trois écoles : Gharnata, Sanaa et Malouf.

 

 L’association club artistique nous a montré ses compositions : nouba composée selon la tradition des  cinq mouvements et d’une ouverture sur le mode R’haoui (sihli) : M Samir Boukledera chef d’orchestre national et régional  nous a présenté une nouvelle nouba sur le mode zidane ; Le chanteur Annabi Mbarak Dakhla nous a gratifié d’un beau istikhbar avec son Alto où il a procédé à des retouches et des variations  très personnalisées ;

M Djamel Bensamar,  talentueux violoniste de  Constantine nous a fait écouter une autre façon d’exécuter l’instikhbar  et un koursi où l’âme de cette musique est au cœur de ce précieux  héritage ; M Saadaoui Mohamed qanouni d’ibnou Sina Group d’Alger nous a offert  une belle démonstration très technique sur les maqamets et sur son expérience avec la musique classique Ottomane ;  enfin des chanteurs malouf ont été aussi convié  à participer à ce colloque : Hamdi Bennani, Mbarak Dakhla, Raouana Fateh, Ahmed Chekkat, Abbas Righi, qui avaient donné des récitals à la clôture de ce colloque.   

 

Thèmes proposés aux débats :

 

       -   Tradition authenticité et impact des générations sur les mélodies et poésies andalouses

       -    La musique andalouse et son influence au niveau local, Maghrébin et sa relation avec la musique arabe

       -    Étude de l’évolution de la nouba et la possibilité de son enrichissement par les compositions nouvelles.

 

Voici les intervenants* à ce colloque :

 

-           M Boughandjioua Badreddine de Skikda

-           M Saadane Benbabali France

-           M Bekkouche Hocine de Constantine

-           M Hmaidia Mohamed de Mostaghanem

-           M Boubekker Mohamed Lakhdar d’Annaba

-           M Merouani Abdel Malik de Constantine

-           M Abdelkader Bendameche de Mostaghanem

-           M Boukli Hacene Tlemcen

-           M  Rahmeni Salah de Constantine.

 

          Les invités qui n’ont pu venir  où n’ont pu être  contacté :

 

-           M Baghdadi Nasreddine d’Alger

            Mme Maya Saidani Alger

-           M El Hassar Selim Tlemcen

-           M Hamdi Mohamed Tlemcen

-           M Achi Zohir Constantine

-           M Bouaziz Mourad d’Annaba.

-            M Salim Fergani  de Constantine

-            M Saoudi Noureddine d’Alger

 

Conclusion :

 

 

Une telle rencontre est  à encourager  même si elle n’a pas eu l’écho souhaité au niveau national. Elle a eu le mérite d’avoir débattu des sujets encore tabou, telle que la composition dans la musique classique algérienne, la confrontation des idées et l’échange des expériences et des recherches. 

 

Personnellement,  j’aurais souhaité la participation de tous les musicologues et chercheurs sur cette musique, d’autres chanteurs représentant les 3 écoles,  des associations qui ont innové ou composé dans la musique andalouse, qu’un compte rendu sur ces deux journées de débat avec toutes les communications des intervenants  furent   éditées  et mises  à la disposition des internautes afin de s’informer,  voire participer éventuellement au  débat qui seraient perpétuellement instaurer via la toile du net.  

 

Vu l’intérêt grandissime à  ce colloque, beaucoup du milieu musical avaient souhaité y participer  afin de montrer leur savoir faire et leurs innovations aussi, qui n’est plus un tabou. Beaucoup font des tentatives en ce moment, chacun dans sa région travaille  mais généralement ranger dans le tiroir.

 

Vu le succès et la satisfaction  des organisateurs d’avoir remplie une mission, d’autres propositions ont été soumises à La direction de la culture qui les a avalisé :

 

    -   Un master class spécial luth et qanoun ainsi que  des journées de démonstrations sur les maqamets et les comparaisons avec les touboues maghrébins.

    -    Un atelier de lutherie qui serait parrainé par M Boukli Hacene de Tlemcen.

    -    Un secrétariat permanent pour ce colloque serait installé où les participants à ce colloque seraient d’office membres.

 

Hafid Mouats

 

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      lien pour photos du colloque : link

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Hommage à Halil Karaduman à Alger. Par Mouats Hafid.

 

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Sur proposition du musicien Algérien M Saadaoui Mohamed, disciple et ami de ce virtuose turc du qanoun, (cithare),   fondateur du groupe musical d’Alger « Ibn  Sina Group » et sous le parrainage de  l’ambassade de Turquie à Alger, un grand hommage digne de la réputation de ce grand défunt, décédé le 08 octobre 2012, suite à une attaque cardiaque,   lui a été rendu avec deux soirées exclusives à la salle Ibn Zeydoun de Ryad Elfeth les 28/12/2013 et 01/13/2013. Conjointement animées par  le groupe de musiciens de Halil Karaduman, venu de Turquie, sous la direction d’Ahmed Meter (qanouni) et d’Ibn Sina Group d’Alger sous la direction de M Saadaoui Mohamed (qanouni).

Invités exceptionnels, la femme de feu Halil Karaduman et deux de ses amis musiciens : le Dr Muharrem Hakam Cevher (joueur de luth, oud shah) et le musicien Tahir Aydoglu (joueur de qanoun), commissaire du symposium international de qanoun. Sur invitation, un public nombreux était présent   à ces soirées.

La première soirée a été rehaussée par la présence de son excellence l’ambassadeur de Turquie à Alger qui a ouvert le protocole de la soirée. Des diplomates de certains pays, ainsi que la  communauté turque à Alger ont  été aussi conviés à cet évènement culturel et exceptionnel.

La cérémonie  a débuté  avec  l’entrée  sur  scène de M Abdou, animateur à la radio chaîne trois qui avait invité l’ambassadeur de Turquie à prendre la parole. Ce dernier inaugure la soirée en s’exprimant en langue française pour notre public présent. Puis l’ami et disciple du défunt M Saadaoui Mohamed avait pris la parole pour évoquer  sous l’émotion  son maître avec qui il a lié une grande amitié sans faille, pleine de valeur et de respect.

 

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Sur scène, les deux formations musicales alignées ensembles à l’horizontal avaient  entamé un long et riche programme où les musiciens ont montré tout leur talent en accompagnant avec brio les deux chanteuses : Majda Bencharif d’ibn Sina group d’Alger, Aylin Şengün Taşçı et le chanteur Mehmet Hamdi Demircioglo de Turquie.

C’était un  programme très riche  où  les musiques algériennes et turques se chevauchaient  se reléguaient et se diluaient grâce à la presque similitude des maqams (toubou3s), où notre sika, notre zidane et sihli étaient  en harmonie modale avec le kurde,  hijaz et nahaouend de Turquie. Tout y était pour faire une soirée extraordinaire, émotion, joie,  méditation, youyous, applaudissements etc.  Telle était l’atmosphère conviviale et solennelle dans la salle Ibn Zeydoun.

Une deuxième soirée hommage était impérative, vu le nombreux public qui avait tenu à assister à ces moments vraiment inouïs. Ainsi, un grand nombre de spectateurs  avait encore assisté à cette deuxième soirée mémorable.

Une constatation de ma part en tant qu’artiste averti : Une légère modification  dans le programme technique de la soirée, apparemment unilatérale par les musiciens turcs afin de  donner libre cours peut - être à leur inspiration du jour, chose qui a un peu gêné les jeunes musiciens d’ibnou Sina Group et leur chef, M Saadaoui Mohamed. Remarque qui ne passe pas inaperçue aussi, c’était l’agacement de la chanteuse turque qui faisait  des gestes inappropriés, n’étant  pas satisfaite de son micro qui pourtant nous paraissait normal. Enfin, une dernière anomalie, c’est- le refus de certains musiciens (et parfois la totalité) de jouer la partie  programme d’ibnou Sina,  pourtant les partitions  étaient en leur possession, fournies avec soin par le chef d’orchestre M Mohamed Saadaoui.

Des choses désagréables se sont passées certainement   lors de  ces deux soirées et que le public ne pouvait voir, car elles se sont déroulées en dehors des  regards. L’important est que le pari fut  tenu. M Saadaoui Mohamed nous a promis une grande soirée hommage pour son ami,  chose faite avec réussite. Même s’Il avait glissé une phrase lourde de sens qui exprimait bien le déroulement de cet hommage : « Si Halil Karaduman était là, la soirée aurait été autrement ». L’ombre de ce dernier a comme même plané pendant  la soirée avec  sa photo sombre affichée sur un côté de la scène.

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Lors  de la deuxième soirée, des cadeaux hautement symboliques ont été offerts aux artistes turcs. La femme du défunt Halil Karaduman  était très émue et reconnaissante.

Le lendemain, c’est avec stupéfaction que nous apprenons le décès de d’un de nos amis qui était présent à la première  soirée. Il était  venu assister à l’hommage. Lui  aussi  a été ravi  à la fleur de l'âge dans  les mêmes conditions.

 Deux jours après, fatalement  il subit le même sort et nous enfonce dans la douleur et le désarroi,   il s’agit de Selim Borsali, le mari de la chanteuse andalouse Lila Borsali. Allah yarahmou.

Hafid Mouats, Musicien de Skikda, présent à cet hommage, article rédigé  le 04/03/2013. 

 

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L’orchestre symphonique national à Skikda. Palais de la culture de Skikda/Algérie.Le 13/04/2013.Par Mouats Hafid.

Hier Skikda était au rendez-vous avec l’orchestre symphonique national. Tout y était pour garantir un excellent concert. Salle pleine de spectateurs très réceptifs et  qui pour l’évènement rare se sont bien comportés de par leur silence et leurs  applaudissements à des moments précis comme le veut la coutume. Scène assez grande  pour contenir la soixantaine de musiciens, enfin,  une organisation irréprochable.

Après l’installation très fluide de l’orchestre sur la scène du palais de la culture, preuve  de la bonne organisation de ce grand ensemble où ses régisseurs avaient bien préparé une  mise en place très soigneuse, l’orchestre sous la direction du maestro Ukrainien Volodymyr Sheiko entamait le programme choisi pour ce concert exceptionnel.

 Sans sonorisation  et sous la bonne  acoustique d’une  salle impeccable,   l’orchestre national débuta  avec une ouverture de l’opéra «  Prince Igor ».  Devant un public médusé par les chevauchements de douces  mélodies,  qui comme des vagues se reléguaient et s’enchainaient. Tantôt les violons avec leurs aigus en vibrato s’envolaient comme des oisillons, tantôt les cuivres,  qui comme un seul mouvement  nous invitaient au réalisme des harmonies. Les imposantes et douces  flûtes traversières nous enchantaient avec de petites répliques, puis tous les compartiments de l’orchestre se soulevaient  pour donner cette masse orchestrale qui nous emportait solennellement dans  l’univers des combinaisons  sonores.   

A tour de rôle,  les deux solistes Ukrainiens,  le ténor Mycola Shuliak et la soprano Strachchenko Kateryna nous gratifiaient de belles échappées lyriques du répertoire classique, au ravissement du public qui s’émerveillait avec  la force et la justesse des voix en solo ou en duo. Sans micro, toutes les nuances sont perçues,  des chants  enveloppés par un orchestre qui dosaient harmonieusement les timbres des instruments et qui comme un noble dialogue,  le beau et le raffinement se conjuguaient pour charmer un public qui ne cessait d’applaudir cet ensemble national qui fait notre  fierté.

Il y avait du Verdi, du Bellini, du Puccini et même du grand Tchajkovksky. Et pour clore ce magnifique concert, un extrait de l’œuvre « Djazairia » inspiré de notre musique traditionnelle de fête. Un zendani malouf a été mis en symphonie par le compositeur algérien Rachid Saouli qui nous rappelle encore cette évidence  que notre musique traditionnelle est apte à l’harmonisation  et l’exécution  par  un tel orchestre très hétéroclite avec ses instruments universels. 

Ça été pour moi aussi une belle opportunité de rencontrer deux de mes amis sur facebook, membres de ce prestigieux orchestre, en l’occurrence le flûtiste principal M Ghazi Djamel, avec qui j’ai eu l’honneur d’évoluer à ses côté dans le  groupe d’Alger « Ibnou Sina » et aussi Ben Haoua Kheira, la violoniste. J’ai eu l’honneur et l’immense plaisir de discuter avec le directeur de cet Orchestre Symphonique National, M Abedelkader Bouazzara,  qui,  dès mes premières phrases avait senti que je suis du milieu musical. Très épaté par mes analyses à chaud, il n’a pas hésité à appeler le photographe de l’orchestre pour immortaliser cet instant de bonheur.

Je souhaite ardemment que cet ensemble revisitera régulièrement notre ville pour  son public prédisposé  à apprécier la grande musique. La chance est aussi  aux côtés   de  Skikda qui possède des infrastructures   pouvant  accueillir de telles prestations. Je note enfin que les musiciens de l’orchestre avaient fait une belle promenade  dans la ville et n’ont pas oublié de visiter le beau théâtre régional, construit en 1932 et achevé en 1939. 

Mouats Hafid, musicien de Skikda, le 14/04/2013.

 

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