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8e édition du  festival de la musique andalouse sanaâ,

Alger le 09 décembre 2014, à l’institut national   supérieur de musique.

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L’intitulé : «  Du oud echabout au oud el Arbi et la  kwitra ».

0 A affiche expo oud

 

1ere Partie : historique du luth. 

2eme partie : le luth parmi les vestiges anciens.

3eme partie : le luth Barbat et le oud  des arabes.

4eme partie : le luth de Mansor Zolzol.

5eme partie : le luth et son expansion chez les peuples.

6eme partie : Le luth d‘ El Kindi et polémique entre les oudistes (adeptes  de Mansour Zolzol, Ibrahim et Ishaq El Mawsili  etc …) et les tanbouristes (adeptes d’El Farabi, Ibn Sina, les frères lumières etc …,  des siècles après,  la même polémique a ressurgi au congrès du Caire de 1932.

7eme partie : Zeriab et son biographe El Maqari, le mythe de la  5eme corde du  luth de Zeriab.

8eme partie : origines des luths maghrébins.

9eme partie : l’énigme de l’accord embrassé au Maghreb arabe ( tessouiya,daouzana ou bien   m’khaouya inqilab ). 

 

- Vidéos de la conférence en 9 parties, filmée par Mouats Afif, mon fils :

- 01  http://youtu.be/f3ikXNzrSW8

- O2  http://youtu.be/qu5MXTkz0hA

- 03  http://youtu.be/zA3680vxF6c

- 04  http://youtu.be/fpfbXZ1eQS8

- 05   http://youtu.be/g3YcARd9u9I

- 06   http://youtu.be/RiVtX5o6PXc

- 07  http://youtu.be/DfSMy9-u-Xg

- 08  http://youtu.be/IincA42ziTU

- 09  http://youtu.be/06-7FAmmKL0

 

TEXTE DE LA CONFERENCE : 

  - Historique : On a rapporté dans des textes religieux hébraïques ( Dans la Genèse) et des écrits arabes aussi que l’inventeur du luth ancien est un certain Lamech (ou Lamek  en arabe);

Selon des textes hébraïques, Il  a vécu à la 6e génération après Adam. C’est le fils de Caïn. قابيل . Il eut plusieurs femmes comme épouses, qui ne lui donnèrent que des filles. Mais il eut un fils unique  et qui meurt  à l’âge de cinq ans. Lamech, très peiné, suspend le corps de son  enfant  à un arbre devant sa maison afin de le rendre toujours visible.  Au bout d’un certains temps,  il s’était desséché, et  il ne restait que le  squelette. Les cheveux de l’enfant se sont tendus et ont commencé à produire des sons par vibration dû au vent, et Lamech se mit à pleurer croyant que son fils lui avait parlé. Surpris, il tomba et mourut. Voilà,  comment l’histoire nous a  été rapportée. Ainsi, un instrument de musique fut  donc découvert par un pur hasard.

 - Des poètes arabes avaient repris cette légende dans des poésies. El Farabi a aussi écrit que l’oud a été inventé par Lamech.

 - On a rapporté qu’un instrument à caisse de résonance et d’un manche est apparu 3500 ans avant JC, d’autres sources l’ont daté de  2500 ans avant JC.

L'iconographie la plus ancienne connue à ce jour, représentant un instrument à cordes  avec caisse de résonance et manche, date d'environ 2500 av.J.-C. Il s'agit d'une tablette d'argile cuite trouvée à l'emplacement de l'ancienne ville mésopotamienne de Nippour, jadis ville sainte des Sumériens. (160 km au sud de Baghdad, Nippour, actuellement c’est Niffer ).

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 - Cet instrument de musique avec une petite caisse de résonance, un manche et une à deux cordes  trouve son berceau à Babylone vers 1800 avant J.C, à la 1ere dynastie de Babylone, comme celui découvert sur un bas -relief du temple d’Hamourabi en Irak.

On le redécouvre  en égypte dans la tombe d’Ahmofis (1500 av. J.-C.). Pendant la première civilisation pharaonienne, les Égyptiens ont utilisé cet instrument  pour leurs cérémonies et leurs fêtes. Dans les tombes avec les momies, on a retrouvé des instruments de musique de tous genres, dont l’un avait une forme de luth.

 

En plus, on a trouvé des centaines d'instruments de musique de diverses formes, et de nombreuses représentations de scènes musicales récupérées dans des tombes et dans des temples datant de toutes les périodes de  l'histoire de l'Égypte ancienne,  

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LUTH ETANBOURA

 

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Avec une petite caisse en forme de coque.

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 A l’époque de  la civilisation Grecque, cet instrument à petite caisse et manche avec cordes était aussi connu. On le désignait alors sous le nom de « Barbitus ». On dit que c’est Pythagore qui l’a inventé 5 siècle avant J.C. suite à son étude sur la gamme naturelle et ses intervalles de demi  tons et tons. 

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 Les Byzantins et  les Romains ont connu cet instrument sous le nom de « Pandora ».

Sur des sites archéologiques et dans des musées, en Algérie, en Tunisie et en Lybie on trouve des mosaïques représentant des musiciens avec la Pandora. L’une d’elles se trouve à Annaba, datant du 4e siècle après J.C.

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- Cet instrument de musique était connu dans la péninsule Arabique bien avant le 5ème siècle de l’ère chrétienne sous le nom de « Kirane » (à vrai dire le mot kirane signifie le plectre). Elkirana c’est la femme esclave qui joue avec cet instrument,  tant évoqué dans la poésie de l’époque de l’ignorance ( asr eljahili).  Il était fabriqué d’une seule pièce de bois, évidée d’un côté afin d’obtenir une caisse de résonance en forme d’une coque couverte d’une peau  et prolongée par un autre côté appelé « manche ».. Il possédait alors trois cordes et parfois quatre.

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El Kindi (800/813) avait écrit "que chaque nation a un rapport au oud qui n'est pas le même que celui d'autres régions"

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      On avait rapporté que dans la période de l’ignorance (asr ejahili)   le luth avait pénétré le hijaz par Souleyman  El Farissi.  

- On le nomma alors le « Mizhar, el mizhar  ». (elmi’zef, elmououatar).  On  relate qu’il contenait deux ou quatre cordes. Sa caisse et son manche étaient d’une seule pièce en bois.  Un chroniqueur arabe avait rapporté qu’aux premières années de l’hégire un nouveau genre de chant  et de luth  a été  introduit de l’Irak au Hijaz par Nader Benharet. La particularité de ce oud c’est sa table d’harmonie en bois au lieu d’une peau en cuir.

- Au 6ème siècle après J C, les arabes ont connu le  luth perse.  Son invention est attribuée à « Barbat »  ou al-birbat avec  son nom arabisé. « Barbat », mot composé qui signifie : bar = poitrine en Persan et bat = canard en langue arabe, par ressemblance à la poitrine du canard. Sa peau couvrant la caisse était substituée alors par une plaque de bois mince, ce qui lui donnait une sonorité  plus forte et différente de celle  des  luths avec caisse de résonnance en cuir, jusque - là utilisés. D’où son appellation « oud », car fabriqué entièrement en bois. C’était l’instrument favori de la tribu des qorayshites, très évoqué dans la poésie de l’époque. 

Par sa forme, El Barbat Perse, ressemble à un canard. Sa table d’harmonie en bois au lieu en cuir comme  les anciens luths.  

 

 16 oud barbat

 

- On raconte aussi  que des chanteurs et des ouvriers (maçons, artisans, etc.) perses qui rénovaient la Kaaba sont arrivés à la Mecque avec leur barbat et les Arabes commençaient à imiter leurs chants.

- La musique au  temps des Omeyyades : (661-750)

 

Avec l’avènement de l’islam à la Mecque, des luthistes et chanteurs se sont distingués par leur  renommée. Les plus célèbres sont Yûnus al-Kâtib, 'Azzâ' al-Maylâ, Ibn Misjah, Ibn Muhriz , Ma’bed, d’Ibn Souraidj mort en 726», Houbaba, Selma etc… Sous le règne des Umayyades (661-750) des musiciens d'origines diverses ont développé l'art musical à Médine et à la Mecque..

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- Ainsi le luth a été approprié par les Arabes, devenu donc l’instrument fétiche des compositeurs. Depuis que le luth fut dénommé le oud (le bois),  il  détrôna le « Barbat »  Perse. El barbat aurait été appelé oud après l’islam et bizarrement les Perses l’ont apparemment négligé à cause de ce changement de nom. On remarque que de nos jours le luth est peu utilisé en Iran, remplacé par le « Tar », un luth en forme d’une petite guitare à deux cordes. (Il ne s’agit  pas du tar,  instrument à percussion)

Des musicologues Européens avaient avancé  que la musique arabe doit tout à la musique persane et aussi d’influence byzantine. (En citant justement l’oud barbat).  Elle fut calquée sur la musique Persane. On a écrit  que la musique répandue en Andalousie vient en partie de la musique persane et byzantine. Ce n’est pas tout à fait faux, puisque le musicien et chanteur de l’Émir  Haroun Errachid était farissi (Ibrahim El Mawssili)*.

Il est vrai que beaucoup de maqamets ont une connotation persane ou turque: rahaoui (turc, de la ville de raha, là où est supposé né Abraham) , rast, mot perse (elmoustaqim, oblique) , farhfaza perse, (mazid min elfarah ‘plus de joie) ( , yakah, perse , yak = ouahad , 1 , kah= elmaqam sol nawa (el mahboub)  et son djaouab sol grave yakah) nahaouend, ville belda fi bilad el3ajème, l’iran  actuellement),  sika (ou sagah, perse , = le chiffre trois ). Chah nez, perse, chah = soltane, le roi, nez = delel essoltane), Djaharka, chad arabene, nawa atar, perse =  el atar eljadid), nekriz, maya, mot perse  (mode qu’on trouve dans la musique dite andalouse, qui signifie la levure (lakhmira en perse)  etc. Mais la musique arabe avait aussi à cette époque ses spécificités. Et le maqam el hijaz (ou hijazi), saba, bayat (ou bayati), aaraq,  houzem, rahat elarouah , mouhayar, ajem( majeur) en sont  la parfaite démonstration.

 

Il y avait donc échange et influence de cultures entre toutes les terres musulmanes ou nation musulmane, 

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- Un autre instrument dérivé du luth est venu  juste après le barbat et le mizhar, on l’a  dénommé « Etanbour» et qui signifie « élever la voix » du mot arabe nabara. Il a un timbre aigu par rapport au oud qui est grave. Sa caisse de résonance était plus petite, en forme de poire, ovoïde (forme d’œuf), hémisphérique (demi-globe) ou bien rectangulaire et doté d’un manche plus long. Ce qui caractérisait ce luth, c’est son timbre aigu. Il ne possédait que deux cordes. Les tanbours les plus réputés c’étaient le tanbour de Baghdad et le tanbour de Khorassan, (une région située dans le nord-est de l'Iran. Le manche du tanbour possède des ligatures (erabt, des frèttes, frettage) pour former les cases ou dassatines (singulier. doustane) en arabe, placées d’une manière à donner des micros intervalles.  Il est possible que c’est à partir de là qu’il y eut polémique entre les traditionalistes oudistes comme El kindi et les innovateurs comme el Farabi et les frères lumières ( ekhwan essafa)   . Lorsqu’on place des ligatures sur le manche du tanbour,  les intervalles sont donc fixes,  alors que le manche du oud est lisse, sans frettes, ce qui donne une liberté au joueur de placer ses doigts sur  la note qui lui convienne.    El oud reste l’instrument privilégié chez les Arabes. Le Tanbour  est  le plus utilisé chez  les Turcs et les Perses.

 

 

Le tanbour se joue  avec un  plectre ou bien avec un archet. -      

 

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Sous le règne des Abbassides (750 à 1258)  les arts et les sciences ont été encore rehaussés.

Après l'avènement de l'Islam, la culture arabe s'était enrichie au contact des civilisations perse et gréco-romaine. Entre 750 et 847, les califes Abbassides al-Mahdî (775-785) et Hârûn al-Rashîd (786-809) et son fils Elma’moun (813/833), celui à qui on  doit « beyt elhikma », ces califes avaient fait de Bagdad le centre du monde musulman. Deux grands maîtres ont marqué l'histoire musicale de cette époque : Ibrâhîm al-Mawçilî (767-850) et Ya'qûb al-Kindî (796-874). L’Illustre savant, Ishâq al-Mawçilî  avait succédé à son père Ibrahim en tant que musicien du Calife. Grand défenseur de la tradition, il lutte contre les modernistes encouragés par le prince Ibrâhîm Ibn al-Mahdî (775/785) et codifie le système musical traditionnel.

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Oud Mansour Ezolzol. (ou Zalazal) زلزل منصور

- Au 8ème siècle,  le musicien «  MANSOUR ZOLZOL » (?-791), un luthiste renommé, celui qui fixa la tierce neutre (tierce zolzolienne) et qui s’était  opposé à la logique de Pythagore sur le 3e degré et le 7e degré de la gamme dite naturelle. Ainsi,  en utilisant une corde (mono et bi-corde) Pythagore fit  vibrer selon des distances déterminées en cm   et avec des fractions et calcula  des écarts entre les sons, connus comme ton et demi ton (diatonique ou chromatique). De cette méthode il trouva qu’entre le premier degré d’une gamme et le 3 e degré, il y a une distance sonore de deux tons. Par contre Mansor Zolzol avec sa théorie des doigts sur une corde de luth, il détermina que le 3 e degré est égal à un ton et ¾ de ton, c'est-à-dire entre la corde vide (elmotlaq ré) et la « wosta,   fa dièse », tierce  majeur. Donc, moins d’un quart de ton de la tierce de Pythagore. On suppose que c’est Zolzol qui est derrière l’invention du quart de ton arabe.

 Mansou Zolzol , théoricien en musique (célèbre pour sa tierce zalzalienne) avait peaufiné et réinventé le luth qu’il avait nommé « Chabout » car il ressemblait  par sa forme au  poisson « le chabot » ( pluriel chababite)   sorte de carpe qu’on trouve dans les fleuves  l’Euphrate et le tigre de l’Irak,  Il avait séparé le manche de la caisse de résonance comme les instruments à cordes que nous utilisons de nos jours. On lui a aussi attribué l’invention des côtes ou lamelles, pour former la coque du luth. Comme mentionné plus haut, l’oud était d’une seule pièce évidée pour faire une coque (caisse sonore) couverte de cuir et un manche avec chevilles pour tendre des cordes.

La description du « oud echabout,  mène à la conclusion que le luth de Zolzol avait une forme ovoïde. (Forme d’œuf),  C’EST CE LUTH ECHARQI QUE NOUS UTILISONS DE NOS JOURS.

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Les luths ont une architecture navale, c’est des naviformes.

 

- Depuis, le luth de la musique arabe est toujours l’instrument de prédilection des musiciens et compositeurs. Sa réputation a dépassé les frontières de l’Arabie.  Il a été adopté par les Chinois et les Japonais à l’Extrême orient, ensuite il s’est répandu à l’ouest en Espagne avec la conquête de ce pays par les arabo- musulmans. Les Européens avaient connu cet instrument au 13ème siècle via l’Andalousie musulmane grâce aux  troubadours. Les Européens utilisaient alors le luth à 04 cordes comme les Arabes d’autrefois. Puis il a été transformé et adopté à leur musique, surtout depuis l’apparition de la polyphonie instrumentale et vocale. Des cordes ont été ajoutées pour obtenir des sons graves er aigus. Enfin, l’utilisation des doigts en faisant l’arpège comme plectre,  au lieu d’un plectre.

- De nos jours, sous différentes formes, on trouve des luths un peu partout, de l’Iran à la Turquie, en passant par les pays de l’est de l’ancien bloc soviétique et bien sûr dans le monde Arabe.

 

Dans le monde musulman on lui attribua plusieurs noms avec plusieurs morphologies :

 

El oud el machraqi , el oud echami , el oud el magharibi : ramal, inqilab, kouitra, oud arbi et oud ettounsi. ; oud essaouiri , oud elqanbous, oud rouayas, oud loutar,  etc… 

IbIrahim El Mawsili      (743-806), était le père d’Ishaq El Mawssili (767-850), Mansour Zolzol est le mari de la sœur d’Ibrahim EL Mawssili. . On avait rapporté qu’ils sont originaires de Mossoul (région Kurde) mais en réalité ce sont des Farissis. Ibrahim El Mawssili avait fugué de Baghdad dans sa jeunesse, son père ne voulait pas qu’il pratique la musique. Il se dirigea au nord de l’Irak à Mossoul ( mawsal) , région Kurde. Une année après il revint  chez lui, on l’accueilla  chaleureusement  et on le surnomma «  El Mawssili » Ibrahim El Mawssili.

Ishaq al-Mawsili (767-850), contemporain de cinq des califes abbassides. Il remplaça d’abord Ibrahim, son père, à la cour d’Haroun-al-Rachid, pendant les cinq dernières années du califat de ce dernier.  Il fut le premier à introduire la musique dans la cour du Calif Haroun Errachid au VIII siècle.   Jusque - là l’art musical était banni des cours et les musiciens avec chanteurs qui s’y se produisaient s’installaient derrière un rideau (sitar) pour faire leurs noubas. 

Compositeur, chanteur, poète, philologue, juriste. Il est le musicien le plus célèbre de son temps. Musicien en chef de la cour de Bagdad, il est comme son père, Ibrahim al-Mawsili, un défenseur du rigorisme classique. Il a laissé des œuvres dans tous les domaines des sciences et des arts de son temps. Voici les noms de ses ouvrages de musique : Aghâni, Aghâni-e Môbad, Aghâni pour Wâssegh, Le livre de la danse, etc.

Ibrahim et Ishak El Maoussili sont aussi des personnages des Mille et une nuits. On accorde au dernier 40 livres  dont une partie consacrée à la musique. Aucun ouvrage ne nous est parvenu. On lui attribue la théorie des doigtés ( assabi’)  (, première théorie modale connue en arabe. 

- Depuis, le luth de la musique arabe est toujours l’instrument de prédilection des musiciens et compositeurs. Sa réputation a dépassé les frontières de l’Arabie.  Il a été adopté par les Chinois et les Japonais à l’Extrême orient, ensuite il s’est répandu à l’ouest en Espagne avec la conquête de ce pays par les arabo- musulmans. Les Européens avaient connu cet instrument au 13ème siècle via l’Andalousie musulmane grâce aux  troubadours. Les Européens utilisaient alors le luth à 04 cordes comme les Arabes d’autrefois. Puis il a été transformé et adopté à leur musique, surtout depuis l’apparition de la polyphonie instrumentale et vocale. Des cordes ont été ajoutées pour obtenir des sons graves er aigus. Enfin, l’utilisation des doigts en faisant l’arpège comme plectre,  au lieu d’un plectre.

- De nos jours, sous différentes formes, on trouve des luths un peu partout, de l’Iran à la Turquie, en passant par les pays de l’est de l’ancien bloc soviétique et bien sûr dans le monde Arabe.

Le luth, el oud a été désigné sous différents noms en Europe et ailleurs : voir page word

Angleterre = Lute ; Pays bas= Luit ; Danemark= lut ; Suède= Luta ; Les Français= luth ; Italie = Laouto ; Espagne= Liuto ; Pologne= Lutnia ; Finlande= Luutu ; La Hongrie= Laut ; Allemagne= Laute ; le Portugal= Alaude (plus proche de la langue arabe).

 

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Le luth des Arabes a été introduit en Europe via les Troubadours à partir du 13e siècle qui déscendaient en andlousie musulmane, pour ramener musiques et chants ( la forme poétique du mouwachah). Il était à 4 cordes doublées, puis avec la naissance de la polyphonie vocale et  instrumentale à partir du 14e siècles, le manche du oud a été élargi afin d'ajouter 9 cordes, puis 11 et enfin 19 cordes pour le theorbe  anglais, pour plus de notes graves et aigues.  Ils ont ausi adopté le jeu de doigté et laissé tomber le plectre de  la plume d'aigle,  comme autrefois Zeriab. 

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Les vestiges ou supports montrant des instruments de musique anciens:

      -          Les coffrets d’ivoires datant de l’an 1005 déposés en ce moment à la cathédrale de Pampelune (en français pamplona) en Basque espagnole. D’autres coffrets sont au musée du Louvre (voir coffret rond la pyxide d'al-Mughira, réalisée au XVe siècle en Espagne, La pyxide d'al-Mughira est une boîte en ivoire taillée d'un seul bloc dans une défense d'éléphant (le fond n'a donc pas été rapporté), réalisée en Andalousie en 968. Retrouvée dans la ville califale de Madinat al-Zahra, Cordoue, elle constitue un chef- d'œuvre de l'art islamique de cette période par son décor extrêmement fin et détaillé. Elle est conservée au musée du Louvre depuis son acquisition par le musée en 1898. ) une inscription en transcription arabe  Koufi entoure  le couvercle,  qui révèle le nom d'al-Mughira, dernier fils du calife Abd al-Rahman III : 

« bénédiction de Dieu, bienfait, joie, béatitude pour al-Mughira, fils du commandeur des Croyants, que Dieu lui fasse miséricorde de ce qu’il a fait l’an 357» [soit 968 de notre ère]

نعمة ألله نعمة، والفرح والغبطة للأمير ابن أمير المؤمنين، قد يرحم الله له ما فعله العام 350 ه 968 م   

  La  boîte ronde en ivoire du prince al-Mughira, dernier-né des fils du calife de Cordoue ‘Abd al-Rahman III (r. 929-961). La pyxide semble adresser un message à al-Mughira. C’est à lui qu’il revenait, après son frère al-Hakam II, de défendre les couleurs des Umayyades contre les Abbassides. Mais à la mort d’al-Hakam II, al-Mughira représentait une telle menace pour un parti qui lui était contraire, celui de son neveu, le futur Hicham II (r. 976-1013), qu’il fut exécuté. Cet assassinat ouvrit la crise majeure dont devait mourir le califat Omayyade. 

L’inscription à la base de son couvercle mentionne la date de 968. Cette année - là, al-Mughîra, dernier fils du défunt calife ‘Abd al-Rahmân III, est âgé de dix-huit ans. Cette œuvre représentait un cadeau de majorité.

On voit sur ce coffret un joueur de luth est deux personnes qui se regardent de travers, supposés El Hakam II et son frère El Mouhira. On peut aisément  voir la forme d'un luth ancien. 

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La représentation de la figure humaine est-elle interdite dans le monde islamique ? “dans ce monde, Dieu ne s'est pas fait chair, il s'est fait verbe. La représentation divine passe donc par l'écriture, d'où l'importance de l'écriture arabe. La figure n'est donc pas associée à la figure du divin. Sa fonction est par conséquent narrative (ainsi dans la représentation, presque archétypale, du souverain). Elle peut être également un élément de l'ornement, lit-on sur un avis d'un écivain occidental. 

 

 

Le ‘ûd est parfois représenté sur des miniatures espagnoles chrétiennes, comme dans les Cantigas de Santa Maria, datés des environs de 1280. Le manuscrit des Cantigas de Santa María est un des plus importants recueils de chansons monophoniques de la littérature médiévale en Occident, rédigé pendant le règne du roi de Castille Alphonse X dit El Sabio ou Le Sage (1221-1284). (Source wikipédia)

Les cantigas comportent  aussi des transcriptions sur  portées avec signes de durée  avec l’ancienne notation (solfège ancien ou écriture des Neumes.) . 

Ils sont  conservés à la bibliothèque de l'Escurial (Madrid),  c’est sans doute le plus riche document sur les instruments médiévaux.

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A gauche un musicien musulman pieds nus ( stigmate ou bien une ingénieuse idée de jouer pieds nus pour polonger la  revertbertion des cordes sur le sol , et obtenir un effet accoustique ou autre? ( Mon ami le musicologue Algerois Youcef Touaibya m'a soufflé cette piste à explorer ) 

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On voit en bas à droite le rabeb des Musulmans maghrébins, ancêtre du violon moderne. 

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Une parenthèse: 

 comment expliquer que les arabo-andalous d’Espagne musulmane n’ont pas représenté  leurs instruments de musique sur des peintures ou autres  supports au même titre que l’écriture des  textes poétiques du mouwachah et zadjal ?

 

 Ceci me ramène à faire une remarque pertinente : Si les musulmans de l’Andalousie qui étaient au summum de leurs arts, sciences, philosophies, en un mot de leur civilisation,  avaient employé ce genre de moyen de conservation, comme la notation musicale, les miniatures ou des sculptures sur ivoires ou autres, on aurait alors sauvegardé une partie au moins du patrimoine musical de cette époque. (entre 1250 et 1280 après J.C.).

 

Les luths baroques et les luths de la renaissance : « La musique baroque désigne la musique de la période allant du début du XVII° siècle jusqu’au milieu du XVIII° siècle (1750, mort de Bach).

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Notons bien que ce genre de luths avec caisses et bras allongés, et cette transformation encore du luth était à cette époque là: la période de l'art et la culture baroque au 17e siècle. 

 

Sur ces image on voit l'évolution ou la transformation des luths pour  les adapter aux musiques en vogues:

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Kumethera : qui signifie forme de poire, elle a des origines égyptienne ou iranienne. Ce oud est adopté pour  plus de confort par sa caisse un peu aplatie pour les femmes.  

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Depuis que le oud des arabes  avait détronné le Barbat, les Perses ont presque abondonné cet instrument mais se sont accaparés du "tar", instrument fétiche et national actuellement en Iran. 

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A suivre sur page suivante  ma conférence... "du oud echabout au oud el arbi et la kwitra" 

lien de la page http://newdiapasondeskikda.over-blog.fr/pages/Suite_01_Conference_preparee_et_presentee_par_Mouats_Hafid_de_Skikda_Algerie-9002679.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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