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8e édition du  festival de la musique andalouse sanaâ,

Alger le 09 décembre 2014, à l’institut national   supérieur de musique.

 

 

0-A-affiche-expo-oud.jpg

 La méthode pour accorder le luth à intervalles de quartes successives: Avant il n'y avait pas de diapason.

Selon Elkindi, on accorde le bamm sur la note la plus grave que la  voix  peut produire aisément, Puis on place le doigt sur la touche au niveau de l’auriculaire sur le bam (la achiren) qu’on fait vibrer avec le meth’let (ré doukah) , si les deux notes produites par les deux cordes sont identiques à l’audition par tension ou relâchement de la corde ré , elles sont donc accordées. On procède de la même manière pour les autres cordes.

4e  CORDE : LA VIDE  / SI  INDEX  / DO MAJEUR   / DO diése  ANNULAIRE/ et   RE AURICULIARE  = Ré vide doukah.

Et  si on continue à partir du zir do on arrive à la note fa aiguë ajoutée virtuellement par El kindi.

Do vide, ré index, ré dièse majeur, mi annulaire  et fa auriculaire, djoub dkaharka aigu 

53 oud accord elkindi sur portée

 

Il est possible d'accorder un oud de façons différentes.

Accordages arabes :

  • Sol La Ré Sol Do Fa
  • Do Sol La Ré Sol Do
  • Ré Sol La Ré Sol Do, c'est l'accordage le plus utilisé.
  • Do Fa La Ré Sol Do
  • Do Mi La Ré Sol Do
  • Fa La Ré Sol Do Fa

Les turcs élèvent leur accord d’un ton au dessus du oud charqi le plus utilisé .

 

Les ligatures  sur le oud d’El Kindi :

Le luth des arabes du temps d’El Kindi (et même celui de nos jours)  ne comportait pas de ligatures ou frettes pour former des cases (dessatines) et fixer les intervalles Zolzoliennes. Mais leurs emplacements ont été définis sur le manche du luth. Ces ligatures selon  des écrits seraient  faites de cordes en boyau. 

 

Le manche lisse permet aux musiciens d’avoir un meilleur jeu où justement l’esthétique du maqam repose sur les variations de micro- intervalles qui contribuent à la richesse des mélodies. 

luth priental avc frettes( image , le musicolgu Marocain, Azzouz El Houri). 

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 Le luth de Zeriab :

 

 le merle noir (Oiseau au plumage noir) parce qu’il avait le teint très brun.

 

55 oud oiseau merle

Cet oiseau n’arrête pas de chanter. C’est le merle gazouilleur. On avait alors comparé le légendaire Zeriab avec cet oiseau.

 

De son vrai nom « ABUL HACEN ALI  IBN  NAFAA (789/857 de l’ère Chrétienne) au temps du califat Abbasside sous le règne d'Haroun Erachid et son fils successeur  Muhammad al-Amin, C’était un Mawla (esclave affranchi). Il était le plus brillant élève du grand musicien Ishaq Almawssili (mort 193/809) fils d’Ibrahim el Mawssili, d’origine farissi, on le surnomma Mawssili car il avait séjourné à Mossoul au nord de l’Irak. Ses parents n’aimaient pas qu’Ibrahim joue la musique alors il avait fugué durant une année, puis à son retour à Koufa on le surnomma El MAWSSILI.

Ce personnage qui arriva à Cordoue en 822 était né en 789 en Irak, Il était disciple à Bagdad du célèbre Ishaq-al-MawsiIi, le musicien de cour du Calife Harum-al-Rachid. À cause de la jalousie qu’il éveilla chez son maître, pour avoir enthousiasmé le calife, il quitta la ville. Il chercha fortune en Afrique où il s’installa pour peu de temps à la cour de Ziyadat Allah Ier à Ifriqiya (chez les aghlabiyines à Kerouan, Tunisie) et de là écrivit au calife de Cordoue El-Hakam Ier qui, en réponse, l’invita à sa cour. Quand le musicien débarqua à Algesiras, il apprit qu’El-Hakam Ier était mort. Son fils et successeur, Abd-al-Rahman II, contemporain de Charlemagne, amoureux de musique plus encore que son père, le reçut avec une telle abondance de présents qu’il n’hésita pas à s’installer en Espagne pour le restant de ses jours. Arrivé à Cordoue, il trouva à sa rencontre l'Emir Abdou Rahmane Ibn Al Hakam en personne, geste qui témoigne de l'intérêt qu'on portait à la musique et de l'estime dont jouissaient les artistes dans la société musulmane de l'époque.

La vie de Zeriab prit un tournant le jour où il fut présenté pas son maître, pas son maître Ishaq au Calife Haroun Errachid.

Le jour de sa présentation au calife Haroun Erachid, Zeriab  annonça qu’il allait  jouer avec un luth fabriqué par lui-même, ayant   les mêmes dimensions, les mêmes ornements que celui de son maitre,  mais son poids était  léger d’un tiers du oud d’Ishaq El Mawssili.  Il avait chanté et joué devant le calife, ce dernier était  épaté par Zeriab. Le succès du jeune musicien auprès du calife a éveillé chez son maître la plus vive jalousie.  En conséquence, il se vit obligé de quitter Baghdâd la nuit même.  

 

56 oud zeriab tableau

Tabeau sur Zeriab. 

 

   Les détails de cette séance nous ont été rapportés par Al Maqqari, de son nom complet Shihab al-Din Abul Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ben Yahya al Qurayshi,  un historien arabe né à Tlemcen vers 1591 et mort au Caire en 1632). Il était un mufti et écrivain. 

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Livre biographique sur Zeriab:

 

Nafh al-tib min ghusn al-Andalus al-ratib wa-dhikr waziriha Lisan al-Din ibn al-Khatib, نفح الطيب من غصن الأندلس الرطيب وأخباروزيرها لسان الدين بن الخطيب      ce qui signifie "Exhalation de la douce odeur du rameau vert d'al-Andalus et histoire du vizir Lisan ed din ben al-Khatib"), 

 

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 Bizarrement, aucun écrivain ou chroniqueur n’avait évoqué ou narré l’histoire de  Zeriab après son départ vers l’occident.  Un vide du 9e au 16 e siècle. (Presque 6 siècles) avant qu’El Maqqari ne rédige son histoire.  Voila peut-être pourquoi  certains chercheurs contemporains (de nos jours aussi) avaient douté de l’existence de Zeriab et toute sa légende.

Zeriab a été oublié dans son berceau Baghdad depuis qu’il est parti.

La seule foisou Zeriab a été évoqué c’est dans le « Kitab el Aghani »d’El Isfahani. Un jour il y eut  altercation entre « ‘Allouya », un chanteur de la cours après le départ de Zeriab et le Calife Al Mamoun (813/833), fils de Haroun Rachid (785/8019). De retour à   Damas après  un voyage, le calife était fatigué, il demanda alors  à ‘Allouya de lui rendre de la vigueur avec  un chant. Ce dernier commença maladroitement à montrer les vertus des Omeyades de l’Andalousie (ennemis jurés des Abbassides).  « Malheur à toi ! » s’exclama  le commandeur des croyants. Le musicien sans se décontenancer (sans être inquiété) répond avec témérité (imprudence) :

« Oh commandeur des croyants, vous me réprimandez parce que j’ai célébré le souvenir des Omeyades ». Chez eux (à Cordoue), votre affranchi Zeriab est entouré de 200 pages (serviteurs au service des rois, des reines, des princes etc), possède 300 000 dinars, propriétaire de terres, de chevaux et d’esclaves, alors que moi je meurs de faim devant vous ». Le calife lui répondit avec colère  « Fils de pute ! Tu n’as pas trouvé d’autres meilleurs moments pour te lamenter sur le sort de ces gens là ! » Le courroux du calife persiste une vingtaine de jours  avant qu’ils ne se réconcilient. Il ya plusieurs versions sur cette anecdote mais toutes se ressemblent.

 

 Al Maqari pour nous relater  avec détails l’histoire de Zeriab, il a dû  certainement travailler  sur au moins deux traités : 

        « Almouqtabas fi akhbar al andalous « d’Abou Marwan Ibn Hayyan (mort 1108 a JC) (le livre édité  à Beyrouth en 1965)

 Et deux ouvrages qui malheureusement restent introuvables : d’Ahmed Ibn Mohamed Ar Razi (mort en 944).

 

Zeriab  est mort en 857 après JC. Et Er Razi en 944 après JC, soit exactement  87 ans.

 

 Et avec Ibn Hayyan : 251 ans.

 

Ainsi donc,  apparemment El Maqqari,  a puisé des sources citées  plus haut  pour rédiger l’histoire de Zeriab

En l’absence donc d’autres sources, nous continuons à croire que Zeriab n’est pas un mythe, il avait bel et bien existé,  quant à tout ce qu’on a rapporté sur lui, cela peut être un sujet à débat.

Des historiens sont unanimes pour avancer que c’est Zeriab qui a introduit le luth à Cordoue. Avant sa venue en Andalousie le tanbour était l’instrument privilégié des andalous musulmans.

Avant l’arrivée de Zeriab c’était le style Médinois qui dominait à Cordoue, dont le genre  « houda » ou chant du chamelier.   Puis l’école des oudistes a fait  son entrée et une belle percée  allait  dominer et jeter les bases de la musique savante que nous avons héritées.     Cette musique a subi   forcément  l’usure du temps et  l’altération avec de nouveaux styles qui s’entassaient au fil des siècles. Zeriab a fait rentrer la musique de Baghdad à la cour du calife,  grâce à  l’estime de  l’émir Abderahmane Il avait supprimé le tarab derrière le rideau (Essitar), ancienne tradition ramenée par les Omeyades à Cordoue. Il a introduit un nouveau déroulement d’un récital devant l’auditoire, connu sous le nom de « naouba », terme qui signifie «  se reléguer pour faire son récital ». La naouba de  Baghdad avait alors  sa règle, celle de commencer par le mawal (improvisation vocale), le nachid religieux, puis une série de chants à tempo lent (el bassit) enfin le vif  (khafif, azadj et mouharakats)  qui font appel à la danse. Elle était aussi thématique, selon les saisons, et les tempéraments du moment.

Après la mort de Zeriab et ses disciples directs,  la nouba à connu d’autres  aspects, d’autres sens et d’autres dimensions (surtout à l’époque d’Ibn El Badja au 12 é siècle) qui nécessitent  de nos jurs  une longue recherche,  pour déterminer comment on est arrivé à la nouba actuelle, dans tout le Maghreb arabe et aussi au machreq   (au mahraq on   n’utilise plus le terme naouba mais plutôt « wasla »)  avec ses différentes formes ( styles et nuances aussi).  Ils ont un point commun avec le Maghreb arabe : la musique à base modale, avec les maqamets  (ou toubou3s) et aussi la poésie mouwachah .  

 

 En gros, voici ce qu’a été rapporté sur Zeriab en musique, principalement sur le oud

 Ziryab, (Koufa 800 – Bagdad 873) selon l’historien « Al Maqqari » Zeriab   avait  ajouté une 5e  corde teinte en rouge, entre la deuxième et la troisième corde. (connue de nos jours comme corde chanterelle, c’est la première corde, la plus fine et la plus aiguë dans un instrument à manche. La chanterelle d'une guitare, d'un luth, d'un violon. Voix de chanterelle.

  Cette corde  constitue la synthèse des quatre éléments : feu, air, eau et terre. Elle représente l’âme et symbolise la vie.

Chaque corde en possédait une couleur. Il remplaça aussi le plectre en bois fin (le médiator) par une plume d’aigle (richa)  ( qawadim eners, en arabe Qadima, pluriel qawadim). Le plectre en bois  était  trop agressif sur les cordes par rapport à la plume d’aigle qui rend le jeu plus  aisé. Les deux 1eres cordes zir et elmathna sont faites de la soie et les deux dernieres almatlhat et el bam sont faites de boyaux, intestins de lionceaux. Et qui donnent une sonorité plus mélodieuse, pus claire, plus sonore, molle et féminine et résistent aux pincements du plectre, à l’humidité et aux changements de température.

Zeriab avait ramené dans ses bagages en se dirigeant vers Cordoue, 40 instruments de musique ( à vent, à cordes dont le oud, à percussion et à archet). 

Un musicologue marocain (Azzouz El houri, résident en Belgique) m’a montré un ancien ouvrage sur skype où il a été mentionné que Zeriab avait séjourné à Kerouan 12 années et  là il avait appris le chant maghrébin et probablement aussi il avait ramené avec lui le rabeb maghrébin à Cordoue.

Cinquième corde de Ziryab.

Si Zeriab avait ajouté la 5eme corde entre le mathna sol   et le mathlet  ré, et en suivant la démarche d’El kindi, c'est-à-dire l’accord en quartes successives, la corde ajoutée par Zeriab aurait été le  fa, djouab djaharka : soit do kourdane, ré , mi et fa (zir ethani ou el had). Nous serons alors devant l’accord suivant :

1-do zir , sol, mouthena, fa ajout, ré  mathlet et do grave  bam

 

      Comparaison entre l'accord EL kindi et Zeriab avc l'ajout de la 5e corde :

 

                   02-accord-oud-zeriab17122014.jpg                                                                                   

      Cet accord est incohérent et  pas pratique pour le doigté.  L’écart avec  la corde fa supposée ajoutée est trop grand (sol/fa et fa/ ré) ;  Nous sommes devant l’impossibilité de jouer avec cet accord en succédant conjointement les notes. Ainsi cet accord supposé avec l’ajout de la corde de Zeriab est  vite tombé aux oubliettes et personne n’en a parlé, et fut abandonné. Ça reste juste un écrit (ou un mythe). Ou bien l’ajout du 2e zir n’est qu’un complément  pour se référer  à  la synthèse des quatre éléments de la nature, qui sont :

 

 Ezir= jaune = élément feu  

Elmathna= en rouge= air

Elmathlet = en blanc= l’élément eau

El bamm= noir= élément terre.

Et le 5e élément de la théorie de l’Ethos, le 2e zir en rouge de Zeriab est qui symbolise  = l’âme.

La seule certitude peut être, c’est la chanterelle insérée entre la 2e et la 3e corde comme mentionné par El Maqari, l’utilisation d’un  plectre en  plume d’aigle et des cordes en boyau. 

 

  A suivre ce lien  sur  la même conférence : http://newdiapasondeskikda.over-blog.fr/pages/Suite_03_Conference_preparee_et_presentee_par_Mouats_Hafid_de_Skikda_Algerie-9003201.html

 

 

 

 

 

 

 

 

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