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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 15:26

(A propos de notre musique andalouse, daté du 12/02/1939.)

 

-           « Personne en Algérie ne s’occupe de cette musique, que pour regretter sa disparition prochaine… »

-           « La faute du gouvernement français est irréparable et,  ni vous ni moi, n’y ne pouvons rien, la musique musulmane (… la musique andalouse, ndlr) se meut, demain elle sera morte. »

-           « Mais  c’est aussi la faute des élites musulmanes… où sont les lettrés  qui m’ont aidé ?... «  (à élaborer son ouvrage sur la musique andalouse Algérienne). Fin de citation.

 

Ce constat vraiment pessimiste de ce musicologue qui a séjourné un temps dans notre pays est contredit plus tard,  puisque quelques  années après,  nous assistons aux premiers regroupements de musiciens et maîtres autour de nouvelles associations (dénommée société,  à l’époque dans le cadre de la loi de 1905) et la création de l’orchestre andalous de la radio d’Alger sous la direction de Abderezak Fekhardji ,  sous l’impulsion de l’homme de culture El Boudali Safir.  Beaucoup d’enregistrements  sonores ont été réalisé  et qui servaient jusqu’à nos jours de référence.  Avec l’indépendance du pays, nous assistons à l’émergence de beaucoup d’associations, de chanteurs et de maîtres aussi dans la musique andalouse.

 

J' essayerai pas ces petits paragraphes de répondre à l’alarmisme du musicologue qui certainement était sous l’emprise de la doctrine coloniale puisqu’il avait aussi avancé des analyses qui frôle la frénésie raciste de l’époque. :

 

-1  Il n’est pas aussi simple sous domination coloniale que des assujettis autochtones s’occupaient pleinement de leur musique, principalement  «  savante »,   ou de leur culture d’une manière générale.  Mais malgré le statut d’indigène ils ont pu miraculeusement sauvegarder  ce qui restait des répertoires, grâce à la mémoire  de rares interprètes de cette musique, certes en déperdition mais pas en extinction.  Les cafés  maures, les cercles mystiques, les foundoqs , les fêtes aussi avaient permis la sauvegarde des traditions musicales. Sans omettre les familles de descendance andalouse qui avaient peut être préservé des livres ou carnets ( kounachats) de leurs ancêtres chassés de l’Andalousie.

 

-2  La France coloniale ne pouvait ou ne voulait s’intéresser à la sauvegarde de tout le patrimoine culturel du pays conquis. C’est un empire qui a prôné la négation d’un peuple et bien sur sa culture qui réaffirme son identité.  Tout le colonialisme est irréparable, donc il n y a pas lieu d’incriminer le colonialisme pour ne pas avoir conservé notre histoire.  Mais malgré l’oppression, notre musique savante a survécu.

 

- 3  L’élite dont J. Rouanet à évoqué et qui l’a aidé à  réaliser son ouvrage sur la musique andalouse, par des informations et documents qu’on lui avait fourni, n’a pas eu tous les égards de ce dernier en  citant peu de noms dans de maigres passages. En plus, il a omis de citer d’autres cercles  (Tlemcen et Constantine)   qui avaient en leur possession d’autres  sources inestimables sur notre patrimoine lyrique. Malgré ses insuffisances à nous éclairés d’avantage, l’ouvrage de Jules Rouanet  demeure la seule source qui nous donne des éléments fiables pour mieux cerner les contours de nos musiques « dites savantes ». Un autre musicologue  (Mahmoud Guettat le tunisien)  tant bien que mal avait tenté de suivre la démarche du musicologue français mais nous a laissé à notre faim car il avait usé de généralités plus que de détails techniques.  Là où je rejoins peut être J. Rouanet  dans un autre contexte,  c’est qu’en ce moment nos musicologues, sociologues et historiens ne s’occupent pas du devenir,  de la redéfinition de  notre musique classique.

 

Enfin, les cercles  et la floraison des associations après l’indépendance prouvent l’engouement et la vitalité des jeunes à préserver et divulguer la  musique de leurs ancêtres.  Les grands festivals nationaux de 1968, 1969, 1972 et tous les autres forums depuis les années 70  sont  la parfaite démonstration  que cette musique avec ces ramifications n’est pas  morte et qu’elle a encore à se faire valoir.  Mais… il faut se ressaisir afin de lui redonner un nouveau souffle  qui la propulse au rang de musique classique universelle, pourquoi pas, elle a les qualités requises.  

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Mouats Hafid, le 12/09/2013.

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